Tony nous a trouve une place a la "packhouse" comme emballeuses de pommes. Nous en sommes réjouies mais en même temps s’achèvent les jours de oisiveté pendant les quels je faisais des expérimentations culinaires et autres. Les journées au packhouse sont de 7 heures du matin à 17h30, dix heures de travail non stop dans un vacarme infernal et sous pression constante car il faut être rapide.
Le matin, certaines des japonaises, chiliennes, argentines et taïwanaises montent dans la camionnette de Tony, d’autres se divisent dans les voitures. Nous sommes les passageres de Hidaya et Alex, irlandaise et anglo-irlandais dont c’est également le premier jour de travail.
La journée précédente nous avons été demander notre"IRD number", un numéro qui nous permet de travailler, d’être taxées et payées! La même journée, nous sommes passées chez le médecin pour faire un certificat médical certifiant que nous sommes en bonnes santé pour voyager en cargo pendant une quinzaine de jours. Le médecin, qui est a cheval sur les règles, nous a demande si nous avions spécifie a la réception du centre médical que c’est bien d’une demande de certificat qu’il s’agit, chose que nous avions faites. Il a cependant été le redire pour être certain que nous payons le supplément octroyé aux demandes de certificat (sympa!).On nous a pris notre tension (10,2 pour chacune! A croire que nous sommes réglées identiquement) et notre taux de diabète (presque identique également).
Une fois arrivées à l’usine, nous sommes reçues par Tom, en partie responsable de la GRH. Il vérifie nos visas de travail puis nous lisons ensemble le petit livret destine au personnel: on doit porter l’uniforme au travail (tablier, gants et une sorte de bonnet de douche), si on a une barbe d’une certaine longueur, celle-ci doit également être entourée dans un sac prévu a cet effet, on peut s’en aller quand on veut mais on est également vires quand bon leur semble… bref, tout cela semble très bien.
Notre chef, une maori baraquee (qui a deux sœurs identiques travaillent aussi a l'usine) nous emmène sur notre lieux de travail. Des femmes et quelques hommes s’affairent sur des tapis roulants. Ils sont tellement occupes a mettre les pommes qui dévalent par dizaines sur les cartons, qu’ils ne nous regardent même pas. Comme Camille parle espagnol, on lui alloue une place dans le secteur 3 et 4 parce que des chiliennes et des argentines s’y activent en grand nombre. Ce sont des machines plus anciennes et rapides mais avec un tapis plus long que dans le secteur 2. Je demande que Haruna, une japonaise du lodge soit mon professeur. La chef accepte et me voici en train de ranger les pommes dans les caisses de le secteur 2. Nous travaillons sur plusieurs rangées a la fois. Nous allons ou il y a besoin d’aide, ou les pommes s’accumulent… J’ai l’impression d’être le grand gagnant d’un jeu télévise de loto car les pommes tombent par dizaines… ou encore dans un jeu d’ordinateur ou les petites filles doivent essayer de remplir les trous avec les pommes. Comme on n’a pas beaucoup le temps de converser, je me raconte des histoires ou je chante.
Mon équipe est sympathique et toutes les filles s’entraident: il y a des latinos, Hidaya, Haruna, une allemande et trois femmes de Samoa qui ont immigres en Nouvelle-Zélande avec toute leur famille. Elles sont dynamique, souriantes et rigolent beaucoup. Ca met de l'ambiance au travail!
L’emballage de pommes requiert un certain savoir faire quand par exemple quand il y en a tellement qu’il vaut mieux retirer un ou deux cartons et brasser les pommes pour les retenir et éviter qu’elles dévalent par terre. Il faut pas se tromper de carton et bien les emboîter: la plaque B sur la A ou le carton avec une pomme dans le coin gauche sur celle avec une pomme dans le droit. C’est Yuki qui passe sa journée à distribuer les cartons un par un sur les différents tapis. Quand elle n’est pas assez rapide, on doit lui crier “tray!”.
Une même variété de pomme est d’abord déversée dans un bain pour être lavée, ensuite triée principalement par des néo-zélandais sourds-muets à partir de différents rouleaux tournants qui forment un tapis (pour retourner la pomme dans tous les sens). Camille a été allouée à ce poste pendant toute une matinée et en est ressortie assez déprimée, surtout parce que sa collègue de travail lui brandissait les trognons de pommes brunâtre “comme des trophées”.
La pomme est ensuite acheminée vers les emballeuses a l’aide d’une immense chenille en plastic constituée de clapets blancs. Juste avant de monter en scène, elle est étiquetée grâce a une ventouse. Une fois sur la chenille la pomme tombe selon son poids sur le tapis roulant 1 ou le tapis roulant 6 etc... Sur le premier tapis, nous les accueillons et nous remplissons une caisse avec 120 pommes de cette même taille, sur le sixième tapis roulant, nous sommes la aussi pour les empaqueter mais cette fois ci dans une boite de 60 pommes car elles sont plus grosses (des pommes énormes qui requièrent des boites de taille maxi). Tout est gère a partir d’un programme informatique contrôle par un gars sur une petite tourelle qui coordonne les différentes parties de la chaîne a l’aide de son hygiaphone.
Les moments favoris des travailleurs sont ceux de pauses imprévues. Quand la machine tombe en panne, on voit Tom courir avec sa boite a outil pour tout réparer au plus vite. Nous cherchons toutes une endroit ou s’asseoir. Pour pas que nous restions inoccupées, on nous harangue de ramasser les pommes qui sont tombées a terre. Cela évite que le malheureux nettoyeur, qui passe sa vie a ramper en dessous de nos tapis roulants pour les attraper, ait plus de boulot.
Son rôle est très ingrat et fatiguant. Même si je ne le vois pas, il est tellement en nage que je sens son odeur de transpiration… dans ces moments la, c’est certain qu’il est dans le coin et qu’il va apparaître d’un moment a l’autre d’en dessous d’un tapis roulant. Souvent, grâce a une habile coup du pieds, je lui envois les pommes, ou je me pousse pour le laisser travailler.
Une autre solution pour que nous restions actives est d’aller aider ceux du secteur 3 et 4 ou vice-versa. Cela nous amuse de rencontrer nos collègues et les séances “aide” se terminent toujours en bavardage car nous sommes deux fois trop pour le boulot qu’il y a a faire. De plus, comme l’autre secteur est constitué différemment, les nouveaux venus font toujours tout de travers! On est bien vite rappelles a revenir dans notre lieu de travail initial!
Un autre imprévu qui nous a beaucoup amuse fut quand le gars avec sa fourche a déverse la mauvaise caisse de pommes dans “le bain” et que deux variétés se sont mélangées. Il est vrai que je m’étais étonnée, comme sans doute la plupart de mes collègues, pourquoi la couleur des Royales Gala d’un naturel rouge éclatant était devenue soudainement vert gris. Mais comme nous travaillons tels des machines, nous n’avons plus l’habitude de prendre une initiative autre que ce qui concerne l’emballage des pommes. Je ne sais pas qui a averti le manager mais toujours est-il que tout a du être arrête et retrie pour notre plus grand bonheur! Car chaque fois qu’il y a une nouvelle variété ou un nouveau producteur (même si c’est une variété identique), il faut changer de boites et d’étiquettes.
Les pommes considérées bonnes par les trieurs mais mauvaises par les emballeuses (qui ont pour mot d’ordre de ne choisir que des pommes parfaites destinées a l’exportation), sont renvoyées sur un autre tapis roulant qui se dirige vers la sortie et qui rejoint le tapis roulant du triage. Une fille est postee au croisement des deux routes pour faire une dernière sélection entre les pommes trop abîmées qui termineront en jus et celles qui n’ont qu’une petite boursouflure ou cicatrice et sont assez belles pour le marche local. Il y a au moins 50 % des pommes qui passent sur ce tapis. Je le sais car j’ai également été allouée a ce poste passionnant ou on est seule pendant des heures a déprimer ou a chanter pour se donner du coeur a l’ouvrage!
De toute façon, à cause bruit, je me baladais en permanence avec des boules quies oranges et n’entendais pas grand chose quand on m’interpellait. Hidaya, un peu dur de la feuille, a trouve la solution idéale pour se prémunir du boucan infernal parfois renforce par la musique mise a fond par le manager persuade que ca nous motive (on y a droit surtout le vendredi après-midi ou le week-end). Elle coupe son appareil auditif. Il faut lui faire des grands gestes ou lui donner une bourrade pour communiquer.
Pour qu’on considère la pomme comme bonne a l’exportation, il faut qu’elle soit vraiment jolie, soit vraiment maligne pour passer entre les mailles du filet de tous les cerveaux humains qui vont l’analyser, sa couleur, sa forme, ses cicatrices, ses points de rousseurs, ses coups de soleil et ses bleus. Avec ma tache de naissance par exemple, je serais directement mise au banc des refuses, sur le tapis roulant vers la sortie ! J’ai essaye de sauver quelques pommes en douce mais on se fait vite repérer car les caisses sont vérifiées et pesées. Au début, cela me faisait penser a un camp de concentration pour pommes… j’avais l’impression de devoir exécuter des ordres pour choisir quelle pomme resterait ou pas. Ca m’a tellement tappe sur le système quand j’étais seule au poste de sélection des pommes, que je croyais entendre crier les pommes pour quelles soient prises et que je me jetais sur le tapis pour les sauver avant qu’elles ne tombent dans la caisse pour être transformées en jus. Heureusement que nous n’avons pas travaille dans ce lieu terrifiant plus longtemps!
Notre expérience de travail a la chaîne a dure une semaine, le temps de rembourser le visa et Ben a qui nous devions de l’argent. D’un accord tacite, nous nous disons que nous travaillerons plus en rentrant pour rembourser les frais exceptionnel du cargo, mais qu’aucune de nous deux n’a envie de rester a trier des pommes dans un hangar. Nous sommes d’autant plus admiratives des jeunes gens qui y restent des mois.
Le samedi 25 est la journée de l’ANTZAC (Australian and New Zealand Army Corps), journée de commémoration des jeunes gens qui se sont fait tuer pendant la première guerre mondiale. C’est pourquoi nous avons conge. Nous en profitons pour faire la lessive et aller au dernier cours de gym collective. Aujourd’hui c’est body attack (mon cours préfère car on cours dans tous les sens) mais nous en avons suivi d’autres tout au long de la semaine: body jam (danse de type rap), step, body combat (qu’on n’aimait pas car ça simule la boxe). Apres, nous allons dans le petit suana destine au clients. C’est grâce a Tony qui a quatre cartes d’affiliation gratuites dans ce centre de gym que nous nous défoulons. Les “latinos girls” nous accompagnent car elles veulent perdre le poids accumule en Nouvelle-Zélande. Nombreuses sont les touristes qui se plaignent d’avoir pris des kilos: les asiatiques qui ne sont pas habituées a cuisiner au beurre ou a manger les fish and ships (parfois jusqu’a 16 kilos de plus!) ou les latinos qui disent qu’elles font beaucoup plus de gym chez elles. Ces cours nous ont remises en forme! J’aime aussi courir gentiment sur le chemin le long de la mer le soir ou le matin! C’est vraiment agréable !
Nous préparons le gâteau pour l’anniversaire de Tamara organise par ses amis. Beaucoup de monde se joint à la soirée en apportant un plat. Certains restent sur la terrasse, les latinos apprennent quelques pas de salsa aux japonaises émerveillées et un peu raides, les japonaises nous font des massages revigorants, Fred qui a invente un nouveau tour de magie avec une boite d’allumettes le montre a tout le monde et nous en fabrique une pour chacune, une taiwanaise qui est championne de karaté nous fait une démonstration avec un bâton… et la soirée se termine a l’autre fête qui a lieu dans la maison centrale et qui est organisée par les cueilleurs de pommes qui s’en vont car la saison est terminée. Ils se maquillent les uns les autres et décident de colorier le beau visage de Camille. C’est effrayant car ils lui maquillent des yeux sur ses paupières! Avant d’aller se coucher, on regarde la comédie d’un “Greek fat wedding”. C’était une soirée très réussie!
Le lendemain, Clyde, le patron de la ferme organique dans laquelle nous allons faire du wwoofing (participer aux travaux de la ferme pendant quatre heures par jour en échange du logement et de l’alimentation) vient nous chercher en camionnette. Ne sachant pas l’heure exacte de son arrivée, nous attendons dans l’entrée du lodge. Les latinos nous rejoignent puis les japonaises forment une haie d’au revoir. C’est très émouvant et j’espère revoir certaines filles au Japon dans le futur. Tout le monde m’a dit d’aller sur face book pour ne pas perdre contact, ce que je ne manquerai pas de faire la semaine suivante. Fred et Tony sont les derniers a attendre Clyde, les adieux sont touchants, Fred parce qu’on était a trois les seuls francophones et que c’est un sacre personnage et Tony car il nous a aide avec beaucoup de gentillesse entre autre pour le boulot. Nous lui avons d’ailleurs offert une petite fleur pour le remercier.
En montant dans la camionnette de Clyde, Tony me chuchote « Il a l’air un peu bizarre le gars, non ? ».
Clyde se reverra un des gars les plus sympas, simple et engage que nous ayons rencontre en Nouvelle-Zélande. Amateur depuis toujours de jardinage, il a fonde il y a une quinzaine d’années une ferme organique qui porte le nom de « Epicurien supplies ». De dix à quinze employés travaillent soit dans les champs, dans les serres (surtout pour les micro-salades), dans le hangar, sur la route. Il y a du travail toute l’année mais certains employés font du travail saisonnier pendant huit mois. L’équipe est internationale et hétéroclite : Dany et sa copine qui viennent d’Uruguay et ont établis leurs quartiers depuis cinq ans en Nouvelle-Zélande, une allemande venu s’installer ici avec sa famille et trois de ses quatre enfants, un tchèque qui vient travailler pour la deuxième fois chez Clyde pendant les mois d’été, une artiste néo-zélandaise, un néo-zélandais qui fait le tour de son pays a cheval et s’est arrête momentanément a Hawkes Bay (et qui arrive au boulot a cheval), une anglaise, un monsieur un peu simple d’esprit, un ancien cuistot etc… Ils ont tous l’air d’aimer leur travail qu’ils font jusqu'à six jours par semaine. Ils travaillent dans les champs et dans les serres, à l’emballage et le triage des produits et à la distribution dans des restaurants tendances et dans des magasins. Nombreux sont ceux qui ont d’abord travaille a la cueillette des pommes et dans les packhouses avant d’atterrir a l’ »Epicurian Supplies ».
Clyde accueille des wwoofeurs depuis janvier 2009 et ne nous cache pas que cela a beaucoup apporte a la ferme parce que c’est de la main d’œuvre moins chère mais aussi parce qu’un nouveau dynamisme et des nouvelles idées s’instaurent grâce aux jeunes volontaires. Une partie du hangar a été aménagée en cuisine et il y a deux roulottes et une maisonnette a l’extérieur où peuvent dormir jusqu’a 8 personnes. Camille et moi occupons la charmante chambrette avec des lits moelleux… le seul désagrément sont les cinq coqs qui chantent a partir de 5 heures du matin !
Les wwoofeurs doivent être loges et nourris en échange d’une demi journée de travail, soit trois jours et demis par semaine. Dans la plupart des projets, les wwoofeurs mangent avec les fermiers et la famille de celle-ci. Clyde habite a Napier mais il a mis un tas de choses a notre disposition pour que nous cuisinions nos propres repas: des bocaux remplis d’épices a notre disposition, des céréales, du yaourt, des bocaux, des conserves, de la viande pour les non végétariens (c'est-à-dire moi !) et des légumes et des herbes organiques en quantité abondante ! Nous avons le droit de prendre ce que nous désirons dans la pièce réfrigérante ou les aliments restent au frais. Autant dire que nous ne nous gênons pas et que chaque repas est une fête ! Le coût que cela engendre à Clyde est minime par rapport au travail que nous faisons car cultiver organique implique beaucoup de main d’œuvre.
Clyde espère aussi que les wwoofeurs contribueront à inventer des nouveaux plats avec les produits de la ferme grâce a leur créativité culinaire pour finalement faire « le livre de recette des wwoofeurs » avec des recettes contenant uniquement des produits cultives sur ses terres . On l’invite à manger un soir et il apprécie le repas a sa juste valeur en nous donnant quelques conseils. C’est un monsieur créatif et dans son monde de légumes. Pour l’instant, il fait des expériences avec des champignons car il vient de recevoir une champignonnière, un containers garde a une certaine température grâce a un générateur (pas écolo du tout !) qui fait un boucan dingue. On voit en permanence Clyde très concentre avec un masque sur la bouche et le nez dans son containers ou se balader avec une brouette remplie de sacs a champignons entre le frigo et la champignonnière : « a new experience » dit il… ces champignons-huitres sont vendus au prix fort !
Ce lieu très anime en journée devient assez glauque en soirée. Heureusement, nous faisons connaissance d’un autre wwoofeur, un malais d’origine chinoise de Kuala Lumpur, 29 ans, végétarien, bouddhiste, informaticien voulant se reconvertir dans un projet de ferme organique. Il se prénomme Chee Chung mais pense que ce sera plus facile -pour nous occidentaux- de l’appeler par son nom de famille Sue.
Ce beau garçon poli, un peu effémine, détermine est également un compagnon drôle, cultive, souriant, encourageant et un excellent cuisinier ! En partie grâce à sa présence, nous avons un très bon souvenir de notre séjour à Epicurien Supplies ! Et vice-versa car nous avons égaye ses journées !
Sue habite la roulotte près du figuier et encore plus proche de la maison des poules que nous… Comme c’est l’ancienne roulotte de Clyde, elle est poussiéreuse. A notre jour d’arrivée, nous trouvons Sue en train de l’astiquer de fond en comble. Il prendra le temps de nous guider sur les lieux et de nous faire à manger le soir.
Le lundi 27 avril, après un copieux déjeuner, un bonjour a l’employée que nous avons dénomme « la pas sympa » car c’est la seule qui tire la gueule et c’est aussi elle qui arrive toujours en premier pour nourrir les chats, nous suivons le beau Dany dans les champs et nous arrêtons devant une rangée qui est un gros amas d’herbes. « C’est un champ de coriandre » nous dit-il. « Ah… ». « Et il faut enlever les mauvaises herbes à l’aide d’un couteau afin de remuer la terre le moins possible… comme ça…cela s’appelle du weeding ». Je sens qu’on va s’amuser… Rétrospectivement, je pense qu’il donne toujours ce genre de boulot éprouvant pour le dos mais aussi pour le moral tellement c’est embêtant pour tester la motivation des wwoofeurs. Evidement, nous sommes motives et nous coupons les mauvaises herbes (et parfois du coriandre aussi) en devisant sur les cinq préceptes fondamentaux de la pensée bouddhiste Sue se demande si considère comme un vol de prendre les fedjoas dans l’arbre des voisins qui a en a tellement qu’il ne sait pas tous les manger ? (Un fruit que je n’ai vu qu’en Nouvelle-Zélande et qui, je trouve a un goût de concombre, mais dont Camille et Sue raffolent). On répond à Sue que « non ». Par contre on lui sortira souvent a table que de prendre deux fois du gâteau, c’est de la gourmandise et de l’égoïsme… toujours selon les préceptes fondamentaux du bouddhisme bien sur !
Pour alterner du « weeding », Dany nous conduit dans un autre domaine. Il y a trois terrains et le tout fait 46 hectares. Ca demande un boulot fou car cultiver « organique » veut dire en utilisant le moins possible d’énergie, donc on travaille le beaucoup à la main (certains pourront argumenter que c’est revenir des centaines d’années en arrière…). Et en utilisant le moins possible de pesticides non organiques. C’est pourquoi on nous explique que quelqu’un qui a des projets de cultiver organiquement doit aimer le weeding car on passe le plus clair de son temps à enlever les mauvaises herbes. On fait des allusions a Sue après une journée courbes en deux, le nez sur le sol et les mains dans la terre: « Tu désires toujours créer un ferme au retour ? » Apres des heures de travail dans les champs (on enlève des mauvaises herbes sur un bout de rangée de dix mètres en deux heures !) et a poser des questions, nous comprenons pour quoi les produits organiques sont vendus si chers au super marches ou sur les étales des marches.
Dans cet autre champ, Camille et moi avons la tache de planter des gros fayots, des beans. Sue est désespère de devoir continuer a enlever les mauvaises herbes avec un espèce de râteau. Dany nous laisse avec un sac de beans énorme et un outil. A l’aide du manche, nous formons des trous dans les rangées du champ : deux lignes de plus ou moins 20 centimètres d’écart. L’une fait les trous à un rythme régulier (en chantant : « boum-boum, dans le sac chic’chic ! ») et l’autre pose les graines une a une en les recouvrant avec un peu de terre. Nous parlons beaucoup. Quand on s’éloigne l’une de l’autre, on hausse le ton de la voix. Apres deux heures de travail, quand Danny arrive, très fières de nous, nous présentons nos 5 rangées terminées. Ca n’a pas l’air de l’enthousiasmer.
Nos après midis sont libres. Sue a choisi l’autre option de travailler trois jours et demis par semaine sans interruption. Nous le laissons à son weeding et enfourchons les vélos que Clyde a achetés pour les wwoofeurs. Nous découvrons la région sur nos bécanes (avec le port du casque bien entendu). C’est une zone industrielles de fruits et de légumes : des packhouses, des camions pour l’exportations, des champs… le trafique est intense. La mer est loin. Nous arrivons néanmoins a Clyve où nous découvrons la piscine et ses cours d’aquagym que nous nous promettons d’essayer le mercredi et le vendredi. Les jours suivants, nous ferons également des tours à Hastings, la ville la plus proche pour y chercher des magasins de seconde main ou aller ouvrir notre boite mail. Il y a un ordinateur dans notre hangar mais Wifi capte surtout quand la porte principale est ouverte, c'est-à-dire la journée quand nous travaillons. Parfois nous ouvrons la boite mail et apercevons des mails tant attendus de nos familles, amis ou de Marie Paule de la compagnie CMA CGM avec laquelle nous allons voyager en cargo et puis il est impossible de les ouvrir. Nous passons notre frustration en mangeant les légumes de saison frais et organiques à notre disposition.
En automne, ils cultivent treize variétés de grands potirons ainsi que des minis potirons: les potirons serpents (allonges), les potirons de fées (tout pustuleux et délicieux), les jaunes, les oranges… Nous les cuisinons en soupe, au four, en purée. C’est un régal ! Chaque soir, chacun d’entre nous cuisine un plat ou un dessert: de la soupe chinoise avec des champignons, des légumes cuits au four, du fenouil bouilli a l’anis, des betteraves dorées avec un peu d’huile et des graines de carvi… tout est très sain et délicieux. Camille nous en met plein la vue avec ses recettes de gâteaux d’enfance (à la noix de coco, au chocolat et aux noix) ! Il y a une télévision dans la pièce mais nous ne la regardons qu’une fois et nous tombons sur un concours entre jeunes chefs cuisiniers!
Le mardi, nous continuons à enlever les mauvaises herbes de la rangée de coriandre et après la pause matinale, Danny nous amène chez « sa collègue qui tire la tronche » pour qu’elle nous explique notre prochain boulot. Je comprends mieux pourquoi elle est de mauvais poil. Assise par terre sur un sac plastic, il faut couper les mauvaises herbes de 1 ou deux centimètres pour protéger le coriandre cette fois haut de 2 ou trois centimètres et cela sans remuer la terre. Ce travail méticuleux et fastidieux n’est pas pour me plaire. Ca ne dérange pas Camille qui le fait avec application. Le mercredi et le jeudi, nous terminerons notre champ de beans. Sue enlève toujours les mauvaises herbes avec un instrument que je n’ai pas réussi à définir mais qui lui a donne des ampoules. Le pauvre est habitue chez lui a passer ses journées devant un ordinateur. Ca fait deux mois qu’il est en Nouvelle-Zélande mais il nous a dit en avoir assez de voyager et de voir toutes ces villes identiques (il est vrai que les villes ne sont pas ce qu’il y a de plus excitant dans ce pays). C’est pourquoi, il préfère s’investir dans quelque chose et a déjà fait cinq expériences de wwoofing. Il est le fils cadet d’une famille de quatre garçons et travaille a …. Ou il a trouve une « god mother », marraine, c'est-à-dire dame avec qui il s’est lie d’amitié et qui le considère dorénavant comme un de ses enfants. Elle l’héberge, le nourrit, ses vêtements sont laves… Tout cela plait à sa vraie mère qui ne se fait plus trop de soucis pour son fils. Sue a fait se rencontrer les deux femmes et il est même parti en voyage avec ses amis et ses deux mères !
Le mercredi matin, nous nous levons pour suivre le cours d’aquagym à la piscine municipale. Apres une demi-heure de vélo, nous prenons un ticket a 3 dollars (+/- un euro cinquante). Les élèves arrivent les unes après les autres. Ce sont des dames d’un certain age. Elles sont joviales. Nous nous emparons chacune d’une bouée en mousse à porter autour de la taille. La prof a des tresses à l’africaine toutes blondes et n’est pas très comique contrairement a toutes ces dames enchantées de faire une sortie et de parler. Il nous faut avancer en marchant (sans avoir pieds), en courant, en étendant un bras puis l’autre ou en imitant une chaise roulante (appellation que Camille et moi trouvons d’un goût douteux pour un cours qui ne concerne que des dames âgées). Le moment le plus drôle reste a venir : on se met par deux (Camille et moi, va sans dire !) l’une derrière l’autre, la dernière entoure la taille de la première avec un boudin en mousse et se laissera traîner tandis que sa monture la tire jusque de l’autre cote de la piscine. Les dames sont hargneuses et ne veulent en aucun cas nous laisser gagner. L’une d’elle, au sourire bienveillant et pleine d’entrain, est vraiment bonne. Je trie sur les rennes de mon cheval pour les laisser gagner, elles sont très fières ! Camille met l’ambiance dans le groupe avec quelques blagues et devient ainsi le bout en train du cours ! Nous terminons en faisant une ronde : on court de plus en plus vite puis on change de sens ! Bref, c’est très bon enfant ! On y retournera le vendredi matin. Deux d’entre elles nous parlerons à la fin cours pour nous poser des questions sur els raisons de notre séjour et nous parler de leurs voyages de jeunesse bien plus aventureux que le notre : sur des cargos remplis de bananes et a Cuba au moment de la baie des cochons !
Au retour, nous passons par la packhouse ou nous avons travaille car ce n’est pas si loin. J’y avais perdu mon portefeuille et ils l’ont retrouve. Cependant Fred ne l’a pas remis à la secrétaire comme prévu. Rien que de remettre les pieds dans ce lieu d’horreur ne me donne mal au cœur. J’admire beaucoup ceux qui y restent des semaines ou des mois. Pour finir, Clyde passera à la packhouse et le récupèrera. Dans la série des choses perdues, il y a également mon carnet de vaccination et Marie Paule de la compagnie CMA CGM m’écrit qu’il est obligatoire d’avoir l’original. Je fouille mais ne le trouve pas. Pour finir, sur les conseils de Camille, j’appelle le café Internet de Napier ou j’avais scanne tous les documents nécessaires au voyage en cargo. Surprise, ils l’ont trouve! Clyde nous déposé a la ville, nous faisons un petit tour a Aqua Lodge pour dire a Tony que nous sommes en des bonnes mains. On prend mon carnet de vaccination au passage puis j’offre un verre pour fêter ça ! Fred nous accompagne et il nous explique pour la enieme fois sa théorie comme quoi la vie est une illusion en nous montrant sa dernière découverte littéraire. Nous devons retourner a la ferme en stop car il n’y a plus de bus a partit de six heures du soir. Si il y a bien une chose que je desaprouve en Nouvelle-Zélande, c’est le manque de transports publics. Apres une minute de pouce, une voiture s’arrête. Un couple décide de faire un tour en voiture en nous reconduisant, sympa ! Sue nous attend avec un repas prépare par ses soins, il était inquiet…
Nous décidons de rester toute la semaine à faire du wwoofing et de ne pas aller faire le « Tongariro corssing ». C’est pourtant sur ce volcan qu’a été tourne la scène finale du seigneur des anneaux mais sans voiture c’est difficile d’accès et nous sommes trop fatiguées pour faire du stop, courir, escalader et refaire du stop dans l’autre sens…
Le jeudi matin, Dany nous emmène auprès de Ben pour une nouvelle tache. Ben est un ancien cuistot qui a voulu changer de voie après une année de boulot dans la « crazy city of London ». Clyde ne regrette pas de l’avoir engage car il sait y faire avec les chef coqs des différents restaurants qui leurs font des commandes et il comprend leurs besoin. Nous le trouvons très sympa mais nous nous demandons pourquoi il porte en permanence un bonnet sur la tête, sans doute pour cacher ses cheveux longs blond décolorés. Il nous explique qu’on va planter des rangées d’«echalottes-bananes » (un type d’échalotes géantes). La rangée est couverte de plastic, ce qui évite les mauvaises herbes de pousser et a nous, de passer notre temps à les couper. Ils essayent d’utiliser le moins possible de plastic. Nous commençons a planter les échalotes en diagonal mais il y a plein de buissons morts sur la même rangée. « Qu’est-ce que c’est que c’est buissons ? Qu’en fait-on ? » demande-ton. « Oh, dit Ben, c’est du basilique qui a gelé. Vous les retirez ! Bon travail, je reviendrai vous voir de temps en temps ! » On essaye de retirer ces pousses de basilique gigantesque arc-boutes en deux et en tirant de toutes nos forces. Apres avoir tourne et tire, la racine sort du sol et je me retrouve sur mon derrière. On se regarde : il y a plus d’une centaine de ce type d’arbustes, ça promet d’être amusant! On apprendra plus tard que le basilique a plus d’un an et que Ben en cueillait 150 kilos par jour pour le vendre à une usine qui fabrique du pesto ! Sue, qui pourtant ne travaille pas aujourd’hui, vient nous aider a retire ce foutu basilique. Nos mains sont rouges et avec quelques ampoules. Nous allons prendre des gants. On somme aussi Sue d’arrêter pour qu’il se repose et qu’il ai enfin le temps de lire son livre sur la vie de Barack Obahama qu’il admire (et dont il dit que sa vie ressemble, même si c’est a une autre échelle). Il commence à pleuvoir et on enfile des impairs car, même sous la pluie, le fermier continu à travailler. Nous rigolons de plus belle de la situation cocasse et prenons des films vidéo. Ben qui vient nous voir de temps en temps nous trouve de bonne humeur et en train de parler tout en arrachant et en plantant des centaines d’échalotes. En quatre heures, nous n’avons fait qu’une rangée de 50 mètres. Il y en a une dizaine… Le lendemain, nous recommençons de plus belle, ce n’est pas pour plaire à Camille qui trouve ce travail éreintant et tuant pour le dos. J’approuve mais j’avoue que ce travail physique n’est pas pour me déplaire, bien au contraire !
On restera sept jours en tout à l’Epicurien Supplies. Le samedi, la plupart des travailleurs ont conge. Seulement l’équipe qui prépare le marche du lendemain se trouve dans les lieux : cueillir, trier, emballer. Sue se joint avec enthousiasme a l’équipe mais après avoir été courir, je reste a l’intérieur et Camille aussi… il pleut des cordes ! En fin de journée, je on les aide a emballer dans des sachets plastics : des herbes, des feuilles d’épinards géants, du coriandre etc… Clyde explique qu’il ne sait pas faire autrement qu’utiliser du plastic, surtout en été sinon les aliments périssent avec la chaleur et il doit jeter tous les invendus.
Nous nous levons vers 6h le dimanche matin pour aider à charger le camion qui part au marche. Nous les accompagnons en vélo et installons l’étale très colorée, surtout grâce aux potirons. Le marche de Hastings est très anime. Un couple vend des avocats. Nous apprenons que les avocats ne mûrissent pas sur l’arbre ou ils restent jusqu’a 16 mois !!! C’est aussi le début de la saison des mandarines. On doit partir pour mettre toutes les chances de notre cote et arriver à Tauranga (le port d’où part le cargo) en stop aujourd’hui. Il est sensé partir le mardi 5 mai dans la journée. Nous faisons nos adieux a l’équipe de l’Epicurian Supplies qui nous ont aide a comprendre la culture organique et cela nous détermine a acheter plus de produits locaux, saisonniers et organiques. Sue est très ému et nous dit qu’il a passe son meilleur temps en Nouvelle-Zélande en notre compagnie. Il pleure quand nous enfourchons nos bécanes. On lui fait signe de la main. Clyde vient nous prendre en voiture et nous déposé a un embranchement de la grand route ou nous serons facilement prises en auto stop. C’est un fait, Camille tient le panneau depuis 20 secondes et une BMW freine à notre hauteur. C’est un sud-africain qui travaille a Auckland, il revient d’une partie de pêche avec ses copains. Il nous dépose à Rotorua ou un chilien qui travaille dans un restaurant en Nouvelle-Zélande nous prend. Il va rendre visite a un ami. Il parle beaucoup… cette fois-ci a l’arrière de la voiture, je m’endors et Camille me réveille quand on est arrivées sur le front de mer de Tauranga ou on va directement dans un Internet café. On y téléphone par skype a une potentielle couch surfeuse qui dit qu’elles est trop fatiguée pour nous recevoir le jour même… on l’avait pourtant prévenue et ça ne nous arrange pas (il ne nous reste plus beaucoup d’argent néo-zélandais et sûrement pas assez pour payer deux nuits dans un des « backpackers ») Camille téléphone a une dame qui nous avait également propose de nous loger. « Personne n’a laisse de références sur son profil » me dit-elle avant d’appeler. « On verra bien » dis-je. C’est toujours plus rassurant de lire ce que d’autres couch surfeurs ont écrit sur le compte de la personne avant de s’y rendre. Pour finir, on a rendez vous a 18h devant le centre d’information du « mount », c’est le quartier près de l’ancien volcan au bout de l’isthme. Le problème, c’est que nous avons nos gros sacs et que c’est à une heure et demie de marche. Nous refaisons du stop et cette fois-ci, c’est un couple de jeunes néo-zélandais qui nous prennent. Ils reviennent d’une journée de surf et nous donnent des avocats du jardin des parents de la fille.
Anne vient nous chercher un peu retard, nous commencions déjà à nous inquiéter. C’est un dame près de la soixantaine moulee dans une robe a volants, les cheveux blonds platine court au sommet du crâne et longs dans le cou qui vient nous chercher au volant d’un voiture spacieuse. Elle est volubile et nous conduit vers le petit appartement qu’elle loue près de la mer (« je l’ai choisi expressément pour être près de l’océan mais je vais déménager car il commence a y faire froid). Je vais vous présenter a mon compagnon. « Ah ? Est-il au courant de notre venue ? » demande-t-on. « Oui, Vous auriez du voir sa tête ! » répond Anne. L’appartement n’est certes pas grand, froid et mal décore (entre autre parce que Anne fait déjà ses caisses) mais Anne été Dean nous y mettent tout de suite a l’aise et nous y avons même notre chambre avec un lit double. Dean joue à un jeu sur l’ordinateur. C’est un monsieur tout en longueur, un peu timide, avec un grand sourire et des longues oreilles. Anne nous fait la conversation en nous expliquant qu’elle est très occupée ces jours ci. Depuis sa retraite, elle a trouve d’autres activités : organiser un club de rencontres amicales pour les gens de son ages seuls et isoles. Ce sont surtout des dames qui boivent des cafés ensemble, jouent aux cartes, vont s’inscrire a un club de danse du ventre etc… Anne travaille également dans les super marches pour vendre des produits en les faisant goûter aux consommateurs. « Savez-vous ce que c’est que ceci ? » nous demande-t-elle en faisant un petit pas de danse vers la cuisine et en tirant du placard un sachet Uncle Ben’s. « Oui, du riz ». « Bien répondu ! Mais pas n’importe quel riz ! Je le remue puis après 5 minutes au micro ondes, c’est prêt ! N’est ce pas formidable ? » On ne peut faire qu’admirer bien qu’il y a un léger le choc avec notre diète de légumes frais de l’Epicurien Supplies. Anne s’avèrera un hôte sympathique mais bavarde et un peu trop mère poule. Tout le monde nous donne toujours cinq ans si pas dix ans de moins, ce qui n’est pas toujours a notre avantage. Contrairement a Dean, patient, à l’écoute et intéressant. Anne n’a jamais accueilli de couch surfeur mais a désire nous recevoir car elle aimerait aller en France, surtout a Paris, et qu’elle croit qu’on est toutes les deux françaises. Elle ne posera aucune question sur le pays natal de Camille et je la décevrai beaucoup en lui disant que je suis belge. « Ah euh, Belgium is not far away from France, isn’t it? » demande-t-elle? Anne est anglaise et a émigré en Nouvelle-Zélande dans sa jeunesse avec l’enfant de son premier mari. En tout, elle a cinq enfants. Deux de ses filles sont en Australie. Dean et Anne s’y rendent en juillet.
J’irai courir tous es matins sur la longue plage de sable. D’autres promeneurs s’y baladent avec leurs chiens. C’est une très belle plage bien entretenue, la mer a une couleur verte et il y a deux îles près du rivage. Quelques cargos se dirigent vers l’est, bientôt ce sera nous !
Le lundi 4 mai, nous montons en haut de Mount. Le quartier est chic avec des villas de plein pied et des grosses voitures. Les propriétaires mettent leurs baskets et leurs trainings dernier cri pour escalader cette montagne chaque matin. Pour ma part, une seule fois suffira mais il est vrai que la vue a 360 degrés à presque 300 mètres de haut est imprenable : on voit la ville, le port et ses cargos, le chenal délimite par les bouées rouges et vertes qui mène vers l’Océan Pacifique. Evidement, nous faisons des pronostics sur lequel de ces portes containers nous allons embarquer.
Apres avoir téléphone a la compagnie de Tauranga, nous apprenons que le bateau a du retard et ne partira que mercredi. Anne et Dean sont heureusement compréhensifs et nous invitent à rester une nuit de plus. Le lendemain après-midi, ils décident d’aller faire un tour en voiture et nous propose de les accompagner. Le paysage est beau et c’est également une région ou il y a beaucoup de culture de kiwi. Nombreux sont les étrangers qui viennent y faire du travail saisonnier. Le kiwi est plante qui ressemble a la vigne sauf que les cueilleurs doivent marcher en s’abaissant dans un tunnel pour attraper les fruits. Il commence à pleuvoir et un arc en ciel fait son apparition.
Anne, pas toujours fine, entre dans un magasin qui vend uniquement de l’alcool et où un ancien collègue a Dean travaille. Pour l’instant, Dean a un eu un accident de travail et est en conge de maladie. Elle tient absolument à lui faire une blague et l’appelle de son bureau ou il a une réunion importante pour qu’on lui dise deux mots en français. Très gênées, nous lui demandons s’il parle français. Il répond qu’il est français et s’excuse car il doit travailler. Sacre Anne… Le soir, on va acheter des fichs and chips pour tout le monde et on regarde un film ensemble. Chacune a son tour, on peut essayer la chaise masseuse de Anne : une espèce de boule en plastic qui descend et monte le long de la colonne vertébrale. Puis on s’endort a l’aventure au jour du lendemain qui promet d’être assez particulier puisqu’on embarque a bord de l’Utrillo !
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