De la Malaisie peninsulaire a Borneo

Récits de voyage > journal de voyage
Malaisie - De la frontiere thai a l'Indonesie
de Camille, le 12-11-2008

De la Malaisie peninsulaire a Borneo

Nous avons quitte la Thailande rapidement avec un passage de frontiere eclair. Qu'elles semblent loin les heures d'attente et la desorganisation des frontieres des pays en “stan”!
Il semble que le train jusqu' a notre ville d'arrivee soit annule pour cause de probleme technique et nous irons jusqu'a Butterworth en mini van affrete specialement pour nous. De la nous prendrons un bus tout confort comme nous n''en avons encore jamais vu: 2 rangees d' un cote, 1 seule de l'autre et donc un espace fabuleux pour faire un petit somme et passer les 5 H de voyage comme une lettre a la poste!

Tana Rata est une petite ville qui se situe dans les montagnes au nord de Kuala Lumpu, KL, la capitale. Cette region maraichere produit la majeure partie des legumes et fruits du pays. A plus de 1500m, c'est aussi le coeur des plantations de the.
Notre premier contact avec les malais laisse entrevoir de belles perspectives tant ils sont souriants, doux, aimables, prets ra enseigner et parlent tous anglais, ce qui facilite les echanges. Le lendemain nous visitons les alentours: plantations de fleurs, dont des specimens de roses hybrides fabuleuses, des fraises, apiculture...La zone est tres touristique, notamment des locaux en vacances ce qui rend les visites quelque peu encombrees. On aimerait etre plus au calme dans un tel endroit. Nous decidons donc d'aller nous perdre dans la foret avoisinnante. On entame la marche dans un sentier mal balise qui suit une jolie riviere et nous mene au sommet de la colline d'ou l'on jouit d'une vue exceptionnelle sur les montagnes et les plantations alentours. Nous nous prenons un instant pour Indianan Jones dans cette jungle que nous cotoyons pour la premiere fois depuis le debut du voyage. Les singes sont partout, les oiseaux ne ressemblent en rien a ce que nous connaissons et nous decouvrons avec plaisir ce nouvel environnement qui sera le notre pendant encore 1 bon mois. Forets tropicales et jungles nous lasseront presque apres une dizaine de marches dans differents parcs nationaux mais pour le moment nous savourons les premiers instants.
Apres un nouveau trajet extrement confortable dans un de ces superbes bus, nous arrivons a Singapour ou nous attendent nos 2 couchsurfers.
Cette ville-pays nous impressionne par son organisation et quelque part par sa psychorigidite.
A cote de l'utra moderne se cotoient tradition et pauvrete. Little India nous permet de nous evader de ces grands buildings en nous promenant dans des rues qui pourraient etre celles de Delhi. Tout y est: odeur d'encens, biryani, femmes en saris. On visite un temple au moment d'une ceremonie et le brahman nous applique la thika rouge sur le front! Quel contraste !
Singapour est le pays des centres commerciaux, de preference ouvert 24h/24, 7/7!!! Avec 10 vendeurs au metre carre.

Le tout consommation puissance 1000. Il faut acheter, consommer, depenser. Peu d'arbres et d'espaces verts dans ce beton. 20% de la ville est construite hors terre. Le beton est injecte dans la mer pour faire sortir de l'eau de belles plateformes ou l'on edifie ensuite de hautes tours! Il faut le voir pour le croire, ce pays est subjuguant a maints egards! Interessant donc a experimenter mais ce mode de vie fait tres peur, notamment en terme de consequence sur l'environnement.
Nous visitons le musee de l'Asie. Nous ne disposons que de 2H malheureusement car il recele de tresors de pays de l'Asie du Sud Est principalement et est de loin le meilleur musee que nous aurons visite.

Le soir nous retrouvons Heloise, rencontree au Laos quelques mois plus tot. Expat a Singapour, elle apprecie les bons cotes et est consciente des paradoxes de la politique du gouvernement. Nous passons une belle soiree avec ses amis a replonger, le temps d'un diner, dans un univers tres franco francais. Voici et Gala comme lecture d'apero, tous agglutines autour des magazines a se mettre au courant des derniers potins mondins! Pathetique mais rigolo, chacun avec son journal!

Pour arriver a Borneo, la partie insulaire de la Malaysie, nous devons passer par l'Indonesie d'ou nous prendrons un ferry. Nous ne connaissons pas les dates de depart et nous devons donc y aller au plus tot en cas d'attente prolongee comme ca sera effectivement le cas.
2H de ferry super rapide et nous arrivons a l'ile de Bintan. Tous les riches singapouriens et expats y viennent en week end et le nord de l'ile est dedie au tourisme et grands complexes hoteliers. Ne pensant pas rester longtemps en Indonesie, nous prenons un visa de transit de 10 jours a l'arrivee.
D'apres notre recherches sur internet nous savons qu'un ferry part d'une ville situee a l'autre bout de l'ile. 45 min de route pour nous entendre dire que le prochain ferry est dans 10 jours!
Grande deception car notre programme pour Borneo est remis en cause. En effet, le 7/12 nous devons etre a Jakarta, capitale de l'Indonesie pour aller chercher Maud une amie de Pauline qui nous rejoint pour 3 semaines.
Nous faisons demi tour et retournons a Tajung Pinang, ville de notre arrivee depuis Singapour une heure plus tot.

On apprend qu' un bateau part de la ville dans 5 jours. C'est deja mieux mais qu'allons nous faire dans cette toute petite ile ou en plus d'etre depourvue de la moindre activite et de ne pas etre specialement jolie et attirante, il pleut tous les jours. Periode de moussons oblige!
La diaspora chinoise est tres presente en asie du sud est et nous retrouvons comme a notre habitude depuis la Chine, les cybers cafes les moins chers tenus par des chinois. La aussi des jeunes de 7 a 18 ans se bataillent ferme via des jeux video en reseau en hurlant a chaque coin de rue quand ils apercoivent leurs ennemis et se font tuer! Ils passent des heures et comme nous aussi on ecoule nos journees la bas, on en resort souvent avec la tete cassee de tous ces cris! Comique au debut ca en devient dramatique de s'imaginer ces jeunes ne sachant pas s'amuser autrement.

Dans notre tres relatif malheur nous avons de la chance car c'est justement le dragon boat festival, traduisez Festival des bateaux de dragons. A l'avant et a l'arriere des bateaux sont sculptes de beaux dragons et chaque bateau a sa couleur, a l'effigie de son equipe qui porte les memes couleurs. Nous petit dejeunons face a la course qui entraine des cris d'encouragement pour les equipes locales. Toutes les iles du pays sont representees. L'echauffement des equipes se fait en cercle et le meneur crit pour encourager ses gars. Mouvements de bras, flexions des jambes! Une, Deux, Une Deux...Leur tenue saillante ajoute au comique de la situation et les competiteurs sont flattes lorsque 2 europeennes s'approchent pour les encourager et demandent meme la photo avec eux. Nous sommes les 2 seules blanches des kilometres a la ronde et on ne passe evidemment pas inapercues.
Des enfants sautent dans la mer et nagent a la facon de petits chiens pour retourner au bord et sauter de nouveau. D'autres, plus sages, assis pres de leurs parents, les regardent avec envie. Nous aussi ils nous regardent et dans la rue ou assises en regardant la course, nous nous faisons tres souvent aborder gentiement. Certains veulent pratiquer leur anglais, d'autres veulent seulement satisfaire leur curiosite et savoir d'ou l'on vient et pourquoi nous ne sommes pas avec nos maris! Bien sur comme d'habitude nous disons que nous sommes mariees. Deux femmes de 28 ans non mariees et seules loin de chez elles nous attireraient de mauvais regards!
Notre complicite avec les femmes et les enfants passe par le seul regard et nous passons un tres bon moment entourees de tous ces joyeux marmots et parents, dans la bonne humeur, au bord de la mer, en attente de notre ferry!

Nous achetons des avions en polystirene tenus par un simple fil de couture que les enfants d'ici font voler dans le ciel avec habilete. Nos neveux respectifs en seront certainement friands.
Nous redecouvrons avec plaisir le jus d'avocat, ici deguste en tant que fruit et desert. Nappe de chocolat c'est un delice et il faut bien que l'on se remonte le moral devant cette pluie torrentielle qui s'abat sur nous tous les jours en fin d'apres midi.

Nous passons des heures le lendemain a trouver ou acheter le billet et tout le monde semble trouver amusant de nous donner des infos completement contradictoires.
Au final et apres avoir presque utilise tout notre patience, un adorable homme nous met sur la bonne voie et nous apprenons meme qu'en plus d'etre 2 fois moins cher que ce qu'on pensait, c'est egalement 2 jours au lieu de 3! Que de bonnes nouvelles aujourd'hui. Il y a des jours comme ca.
Maintenant que l'on a le billet et le jour du depart, on part sur la cote est, a 1h de la, se poser dans un bungalow pose sur pilotis a 5 m de la mer. On entend les vagues de notre grand lit sous moustiquaire.

La plage est pour nous toutes seules mais les lieux sont aussi occupes par un groupe de singapouriens en tournage pour un documentaire sur les fantomes du coin. Quand nous les rencontrons, ils n'ont pas encore dormi (il est 9h du matin) et sont en train de faire un bilan de la nuit. Qui dit fantome dit tournage de nuit bien sur et non contents de nous raconter leurs aventures noctures, ils nous prouvent le tout images a l'appui. Appareil numerique tout ce qu'il y a de plus banal, il y a effectivement sur leurs cliches des traces qui pourraient s'apparenter a des trainees de voiles de fantomettes! On ecoute avec attention leurs recits, notamment celui du preneur de son reste a l'arriere et qu'une main inconnue a touche! Le recit de la porte de la voiture qui se ferme toute seule est sympa aussi! Les 9 gugus se couchent donc et se releveront vers 17h pour se preparer a retourner chasser les fantomes. C'est leur second DVD, le premier a cartonne et ils n'entendent pas s'arreter en si bon chemin! Ils sont a fond dans leur delire et nous ca nous amuse d'autant qu'ils sont tres sympathiques.

Il aura plus averse durant notre sejour sur cette petite plage mais apres avoir couru pendant de nombreuses semaines c'est agreable de se poser et de prendre le temps de ne rien faire surtout quand on sait le programme qui nous attend pour l'Indonesie. On se gave de mangues pour faire passer le temps. Juteuses, sucrees, il nous faut notre ration quotidienne de 2 ou 3 mangues par jour! Par ici la vitamine C, on ne veut pas de scorbut!

Jeudi 20/11, le grand jour est arrive apres 5 jours d'attente sur l'ile ou il aura autant plu qu' en 4 mois de voyage! Et attention quand il pleut il suffit juste de traverser la rue, 10 m suffisent pour etre completement detrempees! La pluie de chez nous c'est de la gnognotte a cote!

A bord de magnifique ferry rutilant neuf de 2003 (ce qui est rassurant compte tenu des naufrages de ce genre de bateau dans la region), nous nous faisons invitees par le capitaine pour visiter la cabine de pilotage. Il nous explique les cartes, le sextan, les boussoles, le GPS, le chemin que nous allons emprunter. Il parle peu anglais mais le courant passe et on y reviendra a maintes reprises.
Le reste de la journee passe a lire devant les films de Hong Kong qui passent en boucle, Bruce Lee etant un heros pour tous ces hommes!

Ce qui nous surprend le plus depuis que nous sommes en Indonesie c'est la facon dont les gens nous abordent en demandant systematiquement et pour la premiere fois depuis le debut du voyage: Do you speak bahasa indonesia? Parlez vous la langue de l'Indonesie? Autant en Chine on essayait de leur parler chinois et ils ne comprenaient pas qu on parlait dans leur langue et nous repondaient “ Je ne parle pas anglais!!!???? “Euh , oui, mais c etait du chinois la!!!????” Incomprehension totale!
Autant en Indo, l'etonnement est a son comble qu'on ne parle pas leur langue et ils posent la question aussi simplement qu'ils demanderaient nos noms. Tellement d'iles et de cultures et religions differentes dans ce pays que s'en est presque un continent a lui tout seul. Du coup, si les gens sont tres mobiles d'une ile a l'autre et d'un bout a l'autre du pays, rares sont ceux qui sont alles a l'etranger ou ont eu un contact avec des occidentaux, d'ou cet etonnement par rapport a la langue. Les quelques phrases et mots appris ne suffisent pas entamer une vraire conversation mais font sourir nos interlocuteurs et cree un lien important pour connaitre et rencontrer les habitatns d'un pays.

Le bateau est concu de la facon suivante: a l'etage “vie commune”, une grande salle avec des sieges devant 2 televisions qui hurlent et un bar. Des poubelles egalement, mais qui ne sont la que pour la deco puisque TOUS les passagers jettent TOUT a bord (plastique, boites de repas a emporter en polystyrene blanc, megots.. bref ecoeurant). Si toutefois les poubelles etaient pleines, un membre de l'equipe irait renverser le contenu dans la mer!!!! et de fait il nous arrive frequemment de traverser des nappes entieres non de mazout mais de dechets de ce genre! Et ne parlons meme pas des plages ou des cotes.

Un et deux etages en-dessous ce sont les couchettes. Entendez par couchettes un ensemble de matelas disposes les un a cote des autres sur des planches de bois. Pas d'aeration, des mouches par centaines, des gens qui fument partout, des teles dont le son est mis au maxi pour mieux profiter des scenes de combats et des rares dialogues, la musique qui sort des portables des 6h du mat! Ca me rappelle une chanson de Tryo qui remercie France Telecom! Merci Nokia pour cette belle invention du MP3 sur le portable!

Vous l'aurez compris, la nuit a ete courte et mouvementee! En revanche il y a une douche. La couleur de l'eau est plus proche de celle du cafe que de l'evian mais apres avoir ete poisseuses toute la nuit on apprecie quand meme de se rafraichir.

L'experience est inoubliable pas seulement pour son aspect hors nomes europeennes mais aussi pour les paysages et les rencontres que nous faisons. A part l'aspect historique, gustatif et architectural, il y a aussi et surtout l'aspect humain.
Nous voyageons pour aller a la rencontre de nous meme et se decouvrir, mais egalement pour connaitre mieux les autres et leurs facons de vivre, leurs traditions, leurs facons de voir le monde. Un regard neuf sur ce que nous considerons parfois comme acquis ou evident. A contrario ce qui est du resort du geste quotidien pour eux nous semble tout a fait etonnant. Les traversees en bateau sont l'occasion de discuter et d'en savoir plus sur le pays et ses habitants.

Avant d'arriver a Sintete, Kalimatan, au sud du Borneo malais, nous faisons escale sur l'ile de Robinson. Des dizaines d'ilots se decoupent a l'horizon, vierges et couverts de denses forets, seuls quelques pecheurs s'aventurent pres de leurs cotes. La mer est d'huile, le soleil se leve, le ciel d'un bleu intense, nous sommes en pleine mer de Chine du Sud . Un arbre au milieu de l'eau sort de nulle part. Nous sommes maintenant assez proches des cotes pour apprecier la mangrove tres developpee ici.
A quai c'est l'effusion. Les paquets se passent de mains en mains pour descendre au plus vite et les retrouvailles sont emouvantes. Des familles separees s'embrassent et bientot s'eloignent vers la seule petite ville de l'ile. 5H d'attente avant de repartir et nous en profitons pour aller decouvrir les alentours. Une plage de mangrove une fois encore pour nous seules. Des singes se balancent de branche en branche et se cache rapidement a notre approche. Il fait beau pour la premiere fois en 2 semaines et pourant nous ne pouvons nous baigner etant dans un pays musulman. L'eau translucide est pourtant tentante mais il faudra se contenter des mollets!
Nous dejeunons avant de remonter a bord dans un petit bouiboui de 3 tables 15 chaises et les tenanciers des lieux nous posent mille et une questions dont on ne comprend que : parlez vous indonesien? On leur montre les photos de nos familles et celles de enfants font un effet sensationnel. Les photos passent d'une personne a l'autre et les yeux s'ecarquillent d'etonnement. Comme partout en Asie, les enfants sont chouchoutes. On montre notre parcours sur la carte et la notre audience arrive difficilement a concevoir qu'on ait parcouru tout ce chemin sans avion. Eux qui ont a peine entendu parler de Bruxelles et Paris n'envisagent pas qu'on puisse venir de l'autre bout du monde surtout etant 2 jeunes femmes. Nous gagnons leur respect et elles nous offrent the et biscuits!

Les quelques minutes qu'a durer cette petite ballade ont suffit a ce qu'on brule. L'effet de la doxy (profilaxie anti palu) est photosensible et favorise les coups de soleil. On n'oubliera pas de mettre la crème la prochaine fois.
Les repas sur le bateau sont inclus mais il faut se representer le repas: un papier rigide cartonne replie sur une portion de riz et un mini bout de poisson cuit dans une sauce ULTRA epicee que l'on doit manger avec les doigts avant de jeter le papier par dessus bord bien sur. On prefera bien sur la poubelle a la tradition locale. Nous nous adoucissons la bouche avec les delicieux laits de soja dont nous sommes tres friandes.

Le reste de la traversee se passe non plus avec Bruce mais avec Tom & Jerry! On joue egalement aux cartes avec l'equipage a qui on apprend la bataille. Une nouvelle visite dans la cabine de pilotage avec un ado rencontre sur le pont le rend tout fou d'avoir la chance de voir les commandes.

A 4h45 du matin, apres une nouvelle nuit de folie, tout le monde commence a s'affairer, les maneouvres d'accostage ayant commence. Le bateau n'est pas directement a quai mais il y a un bateau entre nous et le quai et nous devons donc crapahuter avec nos sacs entre la cargaison, le plafond tres bas et sauter sur le quai, le tout dans le noir.
Nous devons prendre chacune une petite mobilette jusqu'a la jonction pour prendre le bus jusqu a Pontianak, capitale de la province d'ou nous prendrons le 4/12 le bateau pour Jakarta. Ce soir c'est un bus que nous prendrons pour entrer de nouveau en Malaysie.
Nous n'avons meme pas le temps de s'assoir pour prendre un the que le bus arrive.

4H plus tard nous voila propulsees dans cette ville depourvue de charme, bruyante et polluee, a chercher la compagnie de bus qui doit nous amener a Kupang, Malaysie, a 12h de la.
Une fois le billet achete, on se rend dans un des warungs , petits restaurants dans lesquels les plats sont deja cuisines et presentes en vitrine en pyramide. On apprecie la cuisine variee d'Indonesie et surtout les diverses facons de cuisiner le poisson et les fruits de mer. Les currys sont delicieux et les jus de mangues, de papayes ou d'avocat font de merveilleux deserts.
La particularite de l'Indonesie c'est aussi le "Hello mister" dont on nous gratifiera tout au long du sejour. Les Indonesiens sont d'un naturel tres avenant et adorent parler avec les etrangers. Mais ils ne font pas la difference entre miss et mister et au bout de quelques jours on ne reprend meme plus les 15 personnes par jour qui nous lancent un hello mister en passant en moto ou en bus!
On profite de notre passage dans la ville pour en savoir plus sur le bateau que l'on doit prendre dans 2 semaines. On cherche en vain le bureau de la compagnie et on finit au port ou on en trouve une autre. On obtient des renseignements aussi flous que fiables mais n'ayant que ca on reviendra pour ladite date.

Le soir meme on prend le bus pour Kupang. Depart a 22h. Lavage de dents dans la rue avant de monter et nuit mouvementee comme toute nuit dans un bus.
A la sortie de l'Indonesie, le douanier se rend compte de notre depassement de visa et nous exige une somme honteuse que nous arrivons a faire descendre de moitie en negociant. N'ayant pas prevu d'attendre autant le bateau Tajung Pinang, on est en retard de 3 jours sur notre date de fin de visa. On arrive a faire passer le retard a 1.5 jours par personne!

Une panne de bus comme nous n'en avions plus eue depuis longtemps nous immobilise 2h30 et c'est finalement a 11h30 que nous arriverons apres 14h de bus.
Dans les restaus de rue de Borneo il y a differents stands de bouffe dans la meme enceinte. A la fin du repas on paye donc la boisson a l'un, le riz a l'autre et le poisson a un 3eme.
La ville est agreable, traversee par une jolie riviere et le centre historique a conserve les batiments du 19eme siecle.
Nous visitons le centre de rehabilitation des ourang outans. De gros papis singes se balancent de branche en branche, les mamans, petits agrippes a leur ventre, se balancent aussi de liane en liane et descendent parfois manger les cocos ou les bananes. Au-dessus de nos tetes des dizaines de ces gros singes. La magie du spectacle est bientot rompue car il ne faut pas perturber les betes et nous sommes priees de nous retirer.
Nous rencontrons Antoine et Christine, venus vivre a Bali avec Niels leur bebe pour refaire leur vie au soleil. Ils sont a Borneo pour refaire leur visa et nous passerons 2 jours avec eux a visiter les parcs nationaux alentours.
Pauline rentre a Noel et pourra obtenir son visa a l'aeroport. Je reste plus de 30 jours dans le pays, il faut donc que je demande un visa de 60 jours a l'ambassade. Je cours donc deposer ma demande pendant que Pauline change nos devises. Mais j'apprends au guichet qu'il me faut un billet de retour pour prouver que je sorte du pays. Je commence a envisager des solutions mais aller dans une agence et faire une simple reservation ne sert a rien puisqu'ils veulent le billet. J'explique dans quel cadre se passe notre voyage et je la sensibilise a notre projet. Je lui demande s'il n'est pas possible d'obtenir une derogation et eventuellement je suis prete a parler au consul.
Elle me fait savoir qu'il n'est pas encore arrive mais me previent des qu'il est la. Effectivement, 1h plus tard il me recoit et accepte de m'accorder le visa si j'ecris une lettre certifiant que je m'engage a quitter le territoire avant la date d'expiration du visa. S'il savait que nous avons deja eu une amende pour depassement de visa il n'aurait pas ete si conciliant. Il me faut maintenant payer le visa a la banque au rez-de-chaussee mais elle ne prend pas les especes dollars alors qu on a couru partout a Singapour en prevision de ce visa! Je dois faire des pieds et des mains pour changer mes travellers cheques aupres de la guichetiere la plus lente de la banque.

Pauline, Antoine et Christine m'attendent. Je cours jusqu a mi chemin quand je vois une voiture arretee a un feu. Un homme adorable me prend en auto stop et me depose devant le lieu de rendez vous alors que ca n'etait pas son chemin. J'arrive pile a l'heure dite.

Apres 1h de van, nous sommes deposes devant l'embarcadere de speed boat du parc national de Bako. 30 minutes le long de la riviere puis 15 minutes de mer. L'endroit n'est accessible que par bateau, isole et preserve, la vegetation ne ressemble a rien de ce qu on a vu, a part un rapide apercu dans les Cameron Highlands de la Malaysie peninsulaire.

Quelques heures de marche dans la jungle nous permettent d'observer les singes proboscis, ou nazics, avec leur long nez rouge. De nouvelles odeurs, des arbres de forets tropicales, des fougeres geantes, nous sommes dans un environnement completement nouveau. Nous debouchons sur une plage sauvage. Belles vagues, cocotiers, singes qui jouent dans les arbres. Encore une fois on se prendrait facilement pour Robinson. Le bateau qui devait venir nous chercher n'est pas la. Un peu plus nous restions coincees dans les beaux bungalows que propose le parc. Mais un pecheur rentre en "ville" et accepte de nous y amener. C'est son fils de 12 ans qui barre. Encore une constante que nous remarquons encore, comme partout ou nous sommes passees: les enfant sont responsabilises tres jeunes et non surproteges comme des petits rois qui bien souvent ne savent rien faire de leurs doigts. Ils sont tres debrouillards et n'ont peur de rien. Il prend son role tres a coeur et semble fier de nous montrer ce qu'il sait faire.

A Kupang on essaie de retirer de l'argent mais nos 3 cartes de retrait ne fonctionnent dans aucune des 3 banques que nous essayons. Nous devrons attendre le lendemain pour aller dans une banque changer des travellers car de toute facon ayant laisse mon passeport a l'ambassade d'Indonesie je n'aurai pas pu passer la frontiere de Brunei. Il se trouve qu'on ne traversera pas la frontiere par manque de temps d'aller plus loin. On reorganise notre sejour dans l'ile pour la enieme fois et ca ne sera pas la derniere.

Le lendemain c'est matinee course: 2 banques differentes pour changer l'argent, recuperer le passeport, acheter des livres et s'offrir un festin avant de prendre le bus de nuit.
Il y a plusieurs bus de nuit mais nous avons jete notre devolu sur celui de 17h pour arriver vers 7h a Niah. Quel bon choix, on part au moment meme ou la ville se prend une douche monumentale. On ne peut pas attendre que ca passe et on se fait saucer en beaute!

A la gare routiere le bus est en retard et nous en profitons pour laisser quelques affaires et s'alleger.
Nous avons droit au nouveau James Bond, une belle daube au passage! Mais toujours mieux que Bruce Lee. A peine commence t on a trouver le sommeil vers 3h que le bus s'arrete 45 min. Une panne de plus a notre palmares. Un autre bus arrive et nous devons transvaser nos affaires.
A 7h du matin, arrivees a l'embranchement d'ou on prend un autre moyen de transport pour aller au Grottes, on se debarbouille dans les toilettes du restau et on se restaure avant d'entamer une longue journee.
Les Grottes de Niah sont parmi les plus grandes du monde. Mais leur particularite reside surtout dans la colonie d'hirondelles qui y vit. Depuis plusieurs siecles les hommes de la region grimpent au peril de leur vie le long de batons et de cordes accrochees au plafond pour aller chercher les nids des oiseaux. Apres nettoyage et traitement, les nids son revendus tres chers aux chinois qui les utilisent dans une soupe tres prisee.

Pour atteindre ce lieu envoutant il faut marcher pendant plus d'une heure dans la jungle. Tres hautes, tres grandes, tres profondes, la vue est spectaculaire. On se sent tout petit. Plusieurs kilometres de long, de galeries, des stalactites et stalacmites enormes et surtout une odeur de guano (excrement d'hirondelles), de mousse, une humidite qui bat tous les records, une ambiance verdatre, de longs couloirs sous la terre dans le noir complet et des chauves souris aussi nombreuses que les hirondelles. Pendues par groupe de 10 environ elles volent parfois pres de nous laissant derriere elles un petit courant d'air. Des morceaux de la voute se sont parfois affaisses laissant passer le jour et creant ainsi un puit de lumiere qui ajoute a l'ambiance de la grotte. De l'eau ruisselle et tombe en fine pluie au mileu des rayons de soleil. Les centaines de milliers d'hirondelles et leurs nids rendent le lieu unique et nous resortons de la dans un etat second. Experience inoubliable. La presence de l'homme remonte a 40 000 ans et est atestee par des peintures rupestres dans une autre grotte un peu plus loin. L'endroit attire depuis l'Australie puisque nous rencontrerons un groupe de jeunes en voyage scolaire avec leurs profs.

Le trajet de 2h depuis Niah jusqu' a Miri nous permet de nous remettre un peu de cette journee de visite et d'arriver juste a temps au centre info touristique qui nous apprend que le parc national ou nous pensions aller n'est accessible que par bateau et que celui coute environ 100 euro aller retour.
On envisage donc une alternative a notre parcours une fois de plus. Le Kinabalu est la plus haute montagne d'Asie du sud est et sa montee est mythique pour les paysages qu'elle offre mais aussi pour sa difficulte. Mais pour y aller ce n'est pas moins de 2 jours aller en passant par Barhein, situe au milieu de Borneo.
Apres une longue hesitation et en se disant qu'on montera le Kinabalu une prochaine fois on prefere l'option qui ne nous fera pas courir et nous permettra de visiter plus en profondeur les parcs nationaux de Sarawak. Ceux de Sabah attendront la prochaine visite.
Nous allons donc dans un autre superbe parc national de Simalanju ou nous ferons des la fin d'apres midi une marche de reconnaissance dans la jungle, sangsues au rendez vous!
Croco, riviere et mer, coucher de soleil sur la plage, bungalow pour nous seules! L'endroit est paradisiaque.

Nous marchons le long d'un sentier de 10 km aller pour nous rendre a la golden beach. La jungle est pleine de betes que nous ne connaissons pas: varan geant, chenilles au couleurs fluos qui piquent le bras de pauline au passage, singes et oiseaux bruyants mais invisibles tant ils sont bien caches dans les hautes branches de arbres. La baignade est interdite a cause du courant et des crocos de mer, c'est dommage mais le calme qui y regne compense plus que largement la deception de ne pas faire trempette. Nous cherchons activement les crocos supposes etre dans les embouchures des rivieres mais deja la veille au soir lors de notre ballade nocture en bateau nous n'en avons vu que les yeux brillants dans le faisceau lumineux.

A Bintulu, nous attendons que la jeep qui assure la liaison avec Belaga se remplisse pour partir et faire les 4h de mauvaises pistes a travers une ancienne foret tropicale, maintenant decimee par de grandes multinationales qui plantent depuis quelques annees des milliers d'hectares de palmiers, leur huile etant sensee remplacer le petrole et etre moins polluante, ce qui est bien sur completement faux. Le debat sur les bio carburants peut comemcener, apres ce que nous avons vu et lu, nos arguments sont sans appel.
Des pans entiers de montagnes rases et des populations indigenes locales spoliees de leurs ressources, non seulement en bois mais tout l'eco systeme qui pereclite. Les Ibans, une des tribus natives de Borneo et dont le mode de vie est reste assez inchange, sont meprises et une feroce segregation sevit a leur egard. Pour autant ils sont les gardiens de l'environnement qui nous entoure et lorsque nous arrivons a Belaga, nous n'entendons que des recits dramatiques sur les consequences du deboisement et de la construction du barrage en amont de la riviere
(qui rarefie les poissons pour ne citer qu un exemple). Les peuples de Borneo vivent pour la majeure partie dans des longhouses, ou maisons longues. Une seule grande et longue terrasse couverte de feuilles de palmier ou autre feuillus, allant jusqu'a 150m de long. L'interieur est une seule et unique piece qui court tout le long de la terrasse et la vie commune est tres codifiee autour du chef de clan, des taches quotidiennes, chasse, cuisine, recolte du bois. Les enfants jouent ensemble dehors, dedans, au bord de la riviere et vont pieds nus. Les femmes sont tatouees avant le mariage pour trouver un bon parti et tout leur avant bras sont colores en plus des dessins sur le corps. Les vieilles femmes portent encore les vetements traditionnels, de longues boucles d'oreilles et fument des cigarettes roulees d'herbe/tabac local. Elles ont un dynamisme epatant et sont respectees par tous. Differents groupes discutent ici et la pendant que certains tissent des vetements, font des chapeaux, des sacs, le tout avec des materiaux locaux.

Nous faisons aux enfants nos quelques tours de magie et dessinons un long moment avec eux. Le chef parle anglais et prend plaisir a echanger avec nous et a nous poser des questions.
Pour atteindre ces villages il faut prendre une petite barque etroite et allongee typique de la region qui avance neanmoins grace a un moteur et notre guide nous explique les coutumes locales pendant les quelques heures de navigation. Nous allons egalement voir une belle cascade cachee dans la vegetation et au pied de laquelle une vasque nous permet de nous baigner et de nous rafraichir. Pour l'atteindre il nous faut progresser le long d'une petite riviere ou la boue a remplace les graviers et dans laquelle on s'enfonce jusqu'aux genoux. Il parait que le bain de boue est bon pour la peau.
A notre retour de ballade sur la riviere on rencontre de nouveau Martin et Unai, avec qui nous avions dine la veille.
Nous passons la soiree avec eux et 2 neo zed devant un match de foot qui tient nos voisins chinois/malais en haleine et les fait hurler des encouragements que nous seuls entendons!
L'obesite en Malaysie fait des ravages. Etant un signe exterieur de richesse, etre gros est signe d'aisance financiere et on voit de nombreux enfants a partir de 5/6 ans obeses. La malnutition n'est pas seulement le regime hypocalorique mais aussi l'hypercalorique. Ici ce dernier fait des ravages.

Sur le bateau qui nous mene a Sibu en 4H, nous sommes enfermees dans un frigo. La clim est a fond et les films les plus violents ou/et betes se succedent, volume a fond. Nous n'en pouvons plus et on finit le trajet sur le toit.
La encore nous sommes temoins de deboisement. Des barges remplies de troncs recemment coupes descendent la riviere jusqu'a la mer et remontent a vide. Compte tenu du nombre vu en seulement 2H, nous ne voulons meme pas envisager combien passent ainsi par jour. C'est attristant et deprimant!

Nous n'arrivons a Kuching qu'a 23h30 et un taxi nous depose a la guest house ou nous avons elu domicile.
Les musees de l'Islam, du textile et de la region nous en apprennent beaucoup sur la culture et sont tres bien faits. Nous passons la journee du lendemain a eviter la pluie qui tombe averse.

Un autre parc national nous enchante:Kudah. La encore la jungle mais egalement une magnifique cascade, tres large, tres haute, tres puissante, perdue au milieu d'une vegetation luxuriante et formant de jolies petites piscines naturelles.
L'endroit appelle a la meditation et a la lecture. On se pose un long moment avant de continuer notre marche. Les sangsues sont aussi virulantes que partout a Borneo et Pauline se debat avec quelques unes. Une espece d'arbre de Borneo nous etonne: son tronc s'elargit en sa partie basse pour former des sortes d'ailes. Autant dire que ce sont des geants et a cote on parait telles les fourmis. Des feuilles geantes sont 3 fois plus grandes que nos sacs a dos. Les fourmis sont elles aussi demesurees. La specialite de ce parc reside dans ses plantes carnivores qui mangent les mouches et autres insectes qui passeraient par la. Mais le clou de la journee c'est la vue depuis le promontoire: toute la vallee de Kuching sous nos yeux avec ses multiples rivieres et leurs meandres sans fin vers la mer, les forets a perte de vue, les iles perdues dans la mer de Chine, le ciel qui commence deja a prendre les couleurs de coucher de soleil! Nous sommes sans voix devant tant de beaute et en oublions instant la deforestation qui nous a tant meurtries.

Pour rentrer, pas de bus, que nos jambes. On fait donc de l'auto stop quand la pluie recommence. Un 4*4 fait demi tour et revient vers nous. 4 jeunes chinois/malais qui ont finit les cours vont manger un bout en "ville" et font meme un detour pour nous deposer a bon port! Tres sympas, merci les gars, on aurait fini une fois de plus trempees sans vous!


Nous embarquons le soir meme vers Pontianak, de l'autre cote de la frontiere pour reprendre le voyage en Indonesie et aller chercher Maud le 7/12.

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
29/05/2009 : Nos deux premieres semaines en Amerique du Sud
27/01/2009 : Tasmanie et traversee de la mer du meme nom en voilier
05/05/2009 : Traversee du Pacifique a bord du CMA CGM Utrillo!!!
25/04/2009 : Travail a l'usine et dans une ferme organique: deux industries differentes.
01/10/2008 : Mongolie: introduction
05/12/2008 : De Java au West Timor
10/01/2009 : Australie du nord au Sud
00/00/0000 : Tasmanie et traversee de la mer de Tasmanie vers la Nouvelle Zelande
26/08/2008 : Bishkek et le trek dans la vallee d'Ala Archa
23/10/2008 : Traversee de la Chine, Laos, Thailande
16/09/2008 : Visite de Xian, Pingyao, Beijing et la grande muraille
23/08/2008 : Altyn Arachan, 4 jours de trek en autonome
10/08/2008 : Dernier trajet
09/08/2008 : route mythique
09/08/2008 : trajet en jeep!


Autres liens :

Tags
De la Malaisie peninsulaire a Borneo - De la frontiere thai a l'Indonesie - Malaisie -