Indonésie - Java, Bali, Lombok, Flores, West Timor
de Camille, le 05-12-2008
De Java au West Timor
Le pays se compose de 17 000 îles dont les 2/3 ne sont pas habitées, 245 million d habitants, 4eme pays le plus peuplé du monde, environ 76 % de musulmans ce qui en fait le premier pays musulman, le reste d’hindous, chrétiens, bouddhistes, animistes !
Nous arrivons le 4/12/08 à Pontianak depuis la Malaisie après un trajet éreintant de 12h de bus de jour ! Cette ville est le port par lequel nous étions entrées il y a quelques semaines et aussi le point de départ des ferrys a destination de Jakarta, la capitale.
Comme à notre habitude nous cherchons l’hôtel le moins cher de la ville et de préférence près du port. Il nous reste quelques roupies de notre précédent passage dans la ville mais juste assez pour payer le prix exorbitant que nous extorque le gérant compte tenu de l’état de la chambre.
Nous avons le compte pile pour dîner mais nous préférons dire a cette charmante dame qui nous reçoit au petit restau que nous avons choisi que nous ne disposons que de la somme exacte de manière a éviter un surplus potentiel du fait de notre condition de touriste comme ça a parfois été le cas. Ne voilà pas que sa fille arrive, parlant un anglais parfait et nous demande si nous avons des soucis. Aucun, mais nous devrons attendre le lendemain pour pouvoir changer de l’argent, les banques étant fermées quand nous sommes arrivées. La délicieuse Valentine nous fait alors parvenir de la cuisine des fruits, un thé glacé. Quelques instants après un homme vient s’assoire a notre table et met quelques minutes avant de parler. Nous nous demandons ce qu’il veut et le regardons interrogatives ? il nous demande si tout va bien et si nous avons besoin de quelque chose ! Quand il se présente enfin nous apprenons que c’est le papa de Valentine, homme tout simple et touchant d’attention pour les 2 pauvres hères que nous sommes. Des lors nous serons prises sous son aile toute la soirée . Les nombreuses jeunes filles qui travaillent pour lui ont reçu l’ordre de ne pas nous faire payer. Il est bien sur hors de question de partir sans payer et nous posons sur le comptoir la somme due en leur disant de remettre nos remerciements a cet homme charmant qui nous a laissées terminer notre repas tranquillement. Nous marchons donc vers l’hôtel, a quelques minutes de là, quand une voiture s’arrête a notre portée. Le papa et sa fille nous invitent a passer la soirée avec eux. Bien que fatiguées on ne peut refuser une invitation comme celle-ci. Nous voilà parties faire le tour de la ville en pleine nuit. Nous apprenons que Valentine fait ses études a Kuching d’ou nous sommes arrivées cet après midi, d ou son bon niveau d’anglais et que le papa était prof a la fac. Il a acheté il y a 8 ans un terrain ou poussent maintenant plus de 15 arbres fruitiers différents. Nous sortons de la ville pour aller visiter l’endroit qui nous fascine. Ananas, bananes, cocos, mangoustines, ramboutans, avocats et tant d’autres que nous avions vus sur les étales des marchés sans savoir ce que c ‘était. De retour a son restaurant, il fait venir le plat spécialité de la maison et après avoir déjà eu un dîner complet 2h avant et mangé plein de fruits sur son terrain nous sommes « contraintes » de terminer cet énorme plat de poisson qui arrive sous nos yeux ! Il insiste pour nous raccompagner mais l’hôtel est a moins de 5 min a pied et nous quittons cette adorable famille on n’ayant pas les mots pour les remercier. Quelle belle arrivée en Indonésie !
Le lendemain nous découvrons notre bateau qui s’appelle comme si c était un signe I love Indonesia ! Nous aussi on t aime ! A bord on se fait inviter dans la cabine de pilotage ou le capitaine nous offre thé et biscuits et nous participons en direct a la sortie du chenal de cet énorme machine !
Plus de 100 jeunes de moins de 25 ans reviennent de Brunei, cet émirat situé au milieu de Bornéo d’ou nous venons . Ils ont démissionné en groupe après avoir été exploités par le gouvernement dans des travaux d’infrastructures pétrolières. Nous sommes les bêtes curieuses pour ce pti gars qui viennent de villages reculés ou ne viennent jamais les touristes. Nous serons durant tout le trajet sollicitées pour être prises en photo ! Nous sommes maintenant sur au moins 50 téléphones portables !!!
Etant une ancienne colonie hollandaise, on rencontre beaucoup de personnes parlant hollandais, seconde langue maternelle de Pauline. On crée donc un lien facilement avec notre voisin de siège ! on a trouve refuge dans une salle un peu plus calme. En dehors il s’agit de se poser a même le sol, dans les couloirs ou dans les dortoirs. Entendez par dortoirs des centaines de personnes allongées les unes contre les autres, 85% de mecs ! c est donc tout naturellement que nous nous sommes recluses derrière les portes de cette pièce ou il faut payer un pti supplément ! qu a cela ne tienne, on paye.
2 nuits, mais la seconde on dort par terre sur nos matelas gonflants, en compagnie des énormes cafards qui nous courent autour ! les joies du voyage !
La surprise c’est qu’on arrive en pleine nuit, 3h du mat’ pour être précis. Apres moult tergiversations avec les chauffeurs de taxi qui nous assaillent on part chacune sur une moto avec nos gros sacs a dos vers la rue a hôtels pour touristes ! on trouve un petit hôtel pas cher et on s’octroie une bonne nuit de repose bien méritée. Aujourd’hui 7/12/8 on va a l’aéroport a 16h chercher Maud de Bruxelles qui vient passer 2 semaines avec nous. Elle est propulsée dans un train a peine arrivée. A 20h on embarque dans le train de nuit en direction de Yogyakarta, 3eme ville du pays. De la, au petit matin, on prend un autre bus jusqu au fabuleux site de Borobodur, construit entre 750 et 850 pour le compte du Royaume Bouddhiste de l’époque. 2 millions de pierres forment un stupa (temple bouddhiste) parfaitement symétrique au sommet d’une colline.
Le temps n’est pas avec nous mais la beauté des lieux est émouvante et nous faisons une réserve d énergie pour ce qui nous attend : 4h de transport , 3 bus bondés différents dans la montagne, la pluie et la froid qui gagne ! youpi ! Tout cela est vite oublié quand nous découvrons Dieng plateau.
C’est la que se trouvent les plus vieux temples hindous du pays, 400 exactement construits entre 8 et 9eme siècles. Mais outre ces temples, la raison qui nous a poussées a faire ce long détour c est le paysage : des champs en terrasse sur d’abrupts flancs de montagnes, une activité volcanique intense qui a laisse une énorme caldeira, des lacs aux couleurs turquoises, des bains bouillonnants de boue, des geysers. Tout est dit !
Chemin inverse toujours sous la pluie. Et oui c est la saison des moussons.
Apres les 4h de trajet nous sommes de retour a Yogya et nous nous installons dans un petit hôtel avant d’aller voir un spectacle de marionnettes, l’art de l’île de Java par excellence. Des dizaines de marionnette finement découpées et décorées articulées par un maître de cérémonie qui raconte les histoires. Derrière lui plus de 20 musiciens jouent le gamelan, ensemble d’instruments de bambous et de percussions particulièrement connus a Bali.
La visite du Kraton , le palais du Sultan, 10eme du nom et toujours en place se fait rapidement car seule une petite partite du palais se visite ! Lors de la visite d’une mosquée on rencontre un homme charmant qui nous conseille un bon restau pas cher et nous aide a négocier le rikshaw. Ce qui marque la matinée est la visite d’un atelier de batik, cette technique d’impression de motifs a base de cire. Le batik est très connu en Indonésie et s’exporte partout mais l’origine remonte aux commerçants musulmans venus d’Afrique et du Moyen Orient qui l’ont amené.
A 1h de Yogya, le second site majeur de l’île de Java :Prambanan et les vestiges de l’ère Hindou qui dominait le pays avant l’arrivée de l’Islam au 13eme siècle. Les temples se dressent derrière le Gunung Merapi, volcan a la forme parfaitement conique tristement célèbre pour ses régulières éruptions meurtrières. Un temple dédié a Vishnu, un a Shiva et a Brahma, la trinité hindou. Les bas reliefs évoquent le panthéon et la mythologie. Le tremblement ravageur de 2006 a détruit de nombreux édifices mais les travaux de rénovation sont en cours, ne laissant malheureusement pas le loisir de pénétrer dans les temples.
Dans le parc des biches et faons courent en liberté ajoutant a l’ambiance mystique du lieu.
Une journée de mini bus avec 4 autres touristes nous mène au pied du Bromo, volcan en activité de l’est de Java. Nous nous levons a 3h30 pour arriver au point de vue a l’heure du levé de soleil après une heure de rude montée en jeep. Devant nous un énorme cratère de plusieurs km de large et quelques petits cônes fumants. Des couleurs propres au milieu volcanique et le soleil qui se lève. Au loin, un autre volcan crache toutes les 10 min des gaz et des nuées ardentes. Le spectacle est magique. Le cône le plus proche de nous rejette en continu un gros nuage blanc. On redescend en voiture jusqu au pied de celui-ci. On grimpe au sommet par des escaliers aménagés a cet effet et la vue nous subjugue : profond de plusieurs centaines de mètres, le cratère nous envoie des fumées de souffre qui font tousser. On marche sur le rebord de ce géant de feu et on se sent tout petit. Tout autour de nous des volcans.
Quelques heures supplémentaires du bus et nous embarquons sur un ferry a destination de Bali où nous arrivons en pleine nuit. Jan, de Hollande qui est avec nous depuis quelques jours continue le trajet en notre compagnie. Il n’y a personne d’éveillé dans l’hôtel et nous nous installons dans une chambre ouverte, en se disant que nous régulariserons notre situation au réveil.
Ubud était il y a encore quelques années un calme village d’artisans avant de se transformer en centre touristique majeur, ce qui a contribué à dénaturer son authenticité. Pour autant les plus beaux temples hindous se disputent la première place et nous sommes en plus en plein festival. Partout a toute heure du jour et de la nuit, de longues processions colorées de fervents adeptes vêtus de blanc qui portent les dieux et déesses a 4 épaules. Les femmes portent de hauts paniers sur la tête. Ils sont remplis d’offrandes aux dieux. Dans un parc où vivent de nombreux singes 2 temples sont au cœur des cérémonies et l’on doit revêtir une ceinture colorée pour y pénétrer.
Nous allons en vélo visiter les alentours. Les rizières sont vertes et contrastent avec le bleu du ciel. Nous croisons d’autres parades et après avoir arpenté les collines environnantes nous rentrons au moment de la convergence de plusieurs groupes qui portent les offrandes. Hommes, femmes et enfants en blanc et tout le reste de multiples couleurs, le tout sur un soleil couchant orangé ! un seul mot : ouahhhh !
Nous faisons encore une journée à vélo pour visiter d’autres temples et pouvons observer les préparatifs des fêtes du jour. Toute une population s’affaire dans l’enceinte des édifies religieux.
A l’aide de Madé nous visitons les rizières et marchons à travers champs jusqu’au temple de l’éléphant creusé dans la roche. On se rafraîchit d’une coco et on rentre toujours à vélo vers l’hôtel. Les mets de Bali sont succulents notamment ceux a base de coco et arachide avec des brochettes de poissons ! On retrouve Jan pour dîner et conclure en beauté cette magnifique journée.
Nous partons en voiture avec Madé, rencontré la veille, pour visiter le nord. Dans un premier temps on assiste à un spectacle pour touriste : danses de Bali typiques et faisant partie de la vie balinèse a chaque festival. Des masques énormes et des costumes à faire cauchemarder les enfants. Ca rit dans l’assemblée car en plus de retracer les épisodes de la vie de leurs dieux, ils le font avec beaucoup d’humour.
Après 1h de route nous faisons halte sur les rives d’un lac où un magnifique temple (encore un) a été construit au 17eme siècle. Les lacs volcaniques offrent un beau panorama mais celui-ci est encore plus impressionnant vu du haut, sur la crête du volcan. Rapide arrêt dans une plantation de thé, café et cacao et nous nous dirigeons vers le temple (le dernier) le plus sacré de Bali :Pura Besaki, construit sur plus de 10 étages de terrasses, 23 temples liés les uns aux autres spirituellement, il jouit d’un point de vue imprenable sur la mer et l’île en face, Lombok. Nous arrivons une fois encore au bon moment : une fois par an les habitants de Bali souhaitant faire bénir leurs morts se rendent au temple où les prêtres hindous dirigent prières et festivités pendant toute une journée. Au moment où nous rentrons dans le temple une foule déferle le long des escaliers de tous les côtés. Toujours vêtus de blanc, des familles sortent des temples, ravies de voir leurs défunts bénis. Les femmes portent là aussi des offrandes dans de beaux paniers tressés sur leurs têtes.
Nous souhaitions marcher jusqu’au sommet du Gunung Amung mais l’ascension commençant de nuit, on doit avoir un guide. Passons sur les heures d’hésitations et de palabres mais au final on ne fera pas cette marche : conjonction de pleins de facteurs pas en notre faveur.
Madé et Jan, toujours avec nous, nous conduit donc jusqu’à la ville portuaire d’où prendre le ferry pour Lombok. On y arrive encore une fois en pleine nuit, décidément on adore !
Le lendemain le bateau est en retard bien sur mais la traversée de 4h se passe bien et nous laisse même le temps de profiter des dauphins qui nagent a nos cotés.
A Lombok, nous décidons de faire l’ascension d’un autre volcan. On ne se laisse pas abattre. Un taxi suicidaire nous conduit jusqu’au petit village de départ. Contentes d’êtres arrivées.
Départ matinal pour une montée raide de 6h dont une heure sous une pluie torrentielle ! on met l’après midi a sécher. On dort dans la jungle, prés des singes. De nouveau réveil à 4h pour arriver au point de vue pour le levé du soleil. Marche de nuit. La souffrance des genoux et les courbatures induites par la descente qui suit valent tout et plus : d’un côté les petites îles de Gili où nous irons le soir même, la mer et Bali au loin, de l’autre le cratère et son cône et en son milieu, un lac turquoise où un autre petit côte continue de grandir a mesure que la lave sort, en continue et crache de la vapeur. L’ombre du volcan Gunung Rinjani dans la mer, le lac volcanique, un petit dej de folie dans un décor féerique, un paysage comme nous n’en avons jamais vu, l’Indonésie c’est du haut niveau de sensations. On observe les singes venus jouer les téméraires à quelques mètres de nous, des dizaines d’entre eux se balancent de branche en branche pour mieux être capables de nous chipper à manger. Au lieu de 4h de descente, nous mettons le turbo pour essayer d’avoir le bateau jusqu’à Gili et descendons en 2h30. Conséquence : 3 jours de courbatures à marcher comme des grands –mères et ce malgré de longs étirements.
A Gili, Maud et moi partons chercher un hôtel. L’île est 200% destinée aux touristes. On serait en corse ou a Ibiza ça ne serait pas différent. Heureusement que c’est la séance bullage après ces 2 semaines de découverte car question culture il n’y rien et on ne se croit pas en Indonésie.
On profite donc de la plage, des jus de mangues pas cher, des plats de poissons énormes et on recroise Jan. On plonge avec masque et tuba dans des endroits fabuleux où les poissons nagent avec nous, les étoiles de mer bleues sont partout et de grosses palourdes géantes de plus de 50 cm se ferment a notre approche. Coup de soleil sur le dos a force de jouer les anguilles à tuba ! ouilllllle !
Nous nageons avec les tortues de mer, 5 d’entre elles se laissent doucement approcher avant de replonger dans les profondeurs.
Les filles repartent vers l’Europe passer les fêtes en famille et je reste seule jusqu’au retour de Pauline le 6//09.
En attendant son retour, je pars 4 jours en bateau jusqu’à Flores, une autre île, anciennement portugaise et donc catholique. Un autre type de paysage et de culture.
4 jours donc a faire des plongées masque tuba dans les plus beaux endroits de la zone. Des barracudas, des poissons papillons, des étoiles de mer, des coraux fabuleux, des eaux translucides, des plages de sable blanc et nous sommes seuls au monde, enfin 7 seulement. Mais le clou du spectacle c’est l’île Komodo du nom du dragon qui l’habite (plus de 1 m de long). Le fameux spécimen existe aussi sur une île voisine Rinca. On aura la chance de voir outre ces bêtes impressionnantes, des buffles d’eau sauvages, des biches, des aigles. Beau cadeau le jour de Noel.
A Flores, je visite les villages traditionnels aux toits pointus de chaume et aux rites funéraires si mystérieux. Comme à Bromo, je me lève à 4h pour monter au cratère de Kelimutu et ses 3 lacs de couleurs différentes. Je passe Nouvel an dans un petit bungalow sur une plage superbe et je rejoints le Timor de l’ouest en ferry. 9h de traversée sur un énorme bateau, plus de 400 passagers dont Vinna et sa famille qui vont proposer de m’accueillir jusqu’à l’arrivée de Pauline. Je passe à Kupang la majeur partie de mon temps aux ports dans l’espoir de trouver un bateau, quelqu’il soit, pour Darwin en Australie. Les dockmen me connaissent à force mais me confirment tous les jours l’utopie de la tentative, aucun bateau ne faisant la traversée à cette époque de l’année, janvier étant la saison des cyclones au large des côtes australiennes. Quand Pauline arrive le 6 janvier je suis bien triste de lui apprendre qu’il va falloir envisager d’aller chercher à Bali d’où il semblerait qu’il y ait plus de chance.
Nous allons donc arpenter également le port de Bali mais là aussi la réponse est la même, pas de bateau dans ce sens en janvier. Nous sommes meurtries. 42 000 km et 7 mois sans avion et nous nous résignons à monter dans un vol le 10/01/09. Au revoir Asie, a nous l’océanie. Le charme est rompu mais le voyage continu de plus belle.