Visite de Xian, Pingyao, Beijing et la grande muraille
26H de train depuis Dunhuan jusqu a Xian..
Extinction des lumieres a 22h pour tout le monde dans les trains chinois. Le matin c est a 7H qu’il faut se reveiller, en musique! Et la responsable du wagon ne manque pas de venir voir si tout le monde est debout! Elle ouvre alors tous les rideaux scrupuleusement fermes la veille. Elle n’aime pas qu’une sangle de sac depasse et nous ordonne de ranger le sac correctement de ce ton péremptoire qui caracterise les employes gouvernementaux.
Xian est une ville de plus de six millions d’habitants. Aussi a notre arrivee sommes nous eberluees de voir tant de monde devant la gare. Des centaines de sans abri, des etales partout, des bus qui sortent de tous les cotes, une circulation a faire passer le perif’ de Paris le matin pour une vulgaire ruelle!
Nous voila propulsees en Chine, la vraie!
Nous sommes accuillies chez un allemand qui vit ici depuis plusieurs moi. Il est prof dans une fac. Il sera le permier a nous expliquer que le systeme educatif chinois n’apprend pas aux etudiants a reflechir mais a apprendre par coeur et a recracher la lecon sans se poser de question. Premiere marque d’une longue serie d’un etat ou la libre pensee n est pas a l ordre du jour.
La ville est surtout celebre pour l’armee de terracotta qui se situe a heure de la. Il y a quelques annees, un paysan qui voulait creuser un puits trouva un morceau de cheval en terre! S’ensuivirent des fouilles de plusieurs annees qui mirent a jour un des tresors de l’humanite. Il y a presque 2000 ans l’empereur qui a le premier unifié la Chine s’est fait construire cette armee de soldats pour continuer a etre protegé par de-la la mort. Quelques annees apres sa mort, alors que ce tombeau recelait mille tresors, l’ennemi juré de feu l’empereur mit a sac le lieur qui tomba alors dans l’oubli jusqu au XX siecle.
Il faut effectivement le voir pour se rendre compte de l’ampleur de la tache. A l’instar des pharaons, cet empereur a mis en chantier une œuvre qui dura plus de 30 annees ! Il n y a pas 2 soldats identiques et on dit que les ouvriers prirent modèles sur leurs collègues. La visite commence par un film qui nous replonge dans l’univers de l’epoque. Puis la plus grande salle (les soldats sont maintenant couverts dans une grande halle) nous produit comme un electrochoque. Tout le monde a deja vu un reportage ou une photo de ce lieu mais le voir devant soi c est autre chose. Plus de 6000 soldats, armés, chevaux a leur coté, dans un etat de conservation (après restauration) impeccable. Le detail de chacun de ces petits bonshommes ne manque pas d’impressionner le plus blasé.
Xian a la particularite d’etre tres grise. S’entend il n y a que tres rarement du soleil. Jan notre hote nous confirme le fait et nous n’avons effectivement pas vu le soleil durant notre sejour. Il semble que cela soit du aux nombreuses usines alentour qui rejettent continuellement leur dechet dans l’air. De fait, dans chaque ville ou nous sommes arrivees, nous avons observe des centaines de ces usines et de leurs crachats noirs.
De nouveau quelques dizaines d’heures de train pour aller a Pingyao, petite bourgade a 14h de train de Beijing. C’est une des villes les mieux preservees de l’epoque Ming. Nous nous balladons pendant quelques jours dans les ruelles et visitons les differents temples et palaces. Par chance il y a un des plus grands festivals de photographie de Chine a ce moment la et nous errons des heures durant a admirer les clichés des differentes regions de Chine.
En dehors de la ville nous allons a velo visiter un vieux monastere. Dans la plupart des lieux de cultes les photos sont interdites et un panneau mis envidence le rappel pour qui l’aurait oublié. N’ayant pas vu le panneau dans ce monastere et etant un peu hors des sentiers battus, aucun moine en vue, nous pensons que l’interdiction est levée. Que ne ni. Je prends une photo sans flash. Rien. Pauline prend une photo avec flash et on sursaute a l’assaut d’une voix de roquet qui hurle dans un micro. Nous ne comprenons pas. Pauline continue son reportage photo. Le ton de la voie se fait plus véhément et on comprend en tournant la tête dans tous les sens que nous sommes filmees. Deux cameras sont installees dans chaque angle des temples. On comprend, rétrospectivement, les remontrances auxquelles on a eu a faire face anterieurement sans savoir d’où ca venait !!!! Il y a des cameras et micros partout ! Comme au Tibet ! Decidement tres peu de place a l’arbitraire et a la liberte de mouvements. J ai l’impression d’etre plongee dans 1984 de G. Orwell !
Patienter pendant des heures dans une file ne pose pas de probleme aux chinois. Malgre leur nombre, tout fonctionne bien. L’organisation est assez irréprochable et il est aisé de comprendre comment faire dans une gare pour acheter un billet ! Mais pour ca il faut lire le chinois. Nous voila donc en train de faire la queue pendant pres d une heure lorsqu a arrive notre tour. Nous etions en fait dans la file pour acheter un billet et non pour rentrer dans la gare. En effet les chinois ont un peu la paranoia des attentats ! Dans chaque lieu public il faut passer toutes ses affaires sous le detecteurs ! Quand il y a 3 trains de 1500 personnes en meme temps on imagine aisement ce que ca donne !
A Beijing, ou on arrive vers 21h, il pleut des trombes. Les chinois ont cette particularite qu’ils construisent vite. On voit s’elever en quelques mois des tours de plusieurs dizaines d’etages, des bretelles de sortie d’autoroute, de nouvelles routes dans les endroits les plus improbables et il faut dire que niveau reseau routier ils sont incroyables ! Si la rapidite est leur qualite premiere, la qualite ne l’est certainement pas. Il n y a pas de systeme d’evacuation des eaux et les chaussees sont rapidement innondees. Nous pataugeons donc avec l’eau jusqu'à mi mollet pour trouver le bus qui nous mene au metro. Metro remis a neuf pour les JO. Extremement moderne.
Nico notre hote de Beijing vit dans un tres grand appartement avec 2 colloq tres sympas. Son appart tombe en lambeau un an apres sa finition. Exemple assez evocateur des problemes de qualite dans le batiment evoqués plus haut. Du coup Nico demenage autre part. en attendant il nous accueille pendant 5 nuits.
Nous passons nos premieres journees a denouer des questions administratives: billet de transmongolien jusqu’a Oulan Bator, visa laos, achat de livres a l’alliance francaise puis visite des Hutongs (anciens quartiers de la ville)…
Puis nous visitons la Cite interdite avec JN (expat ) et Titi ( ami de JN en visite) , rencontrés par l’intermediaire de Nico.
Le lieu nous laisse un peu de marbre. Rien a voir avec le livre de Anchee Min, Princess Orchid que je recommande, sur la vie dans la Cite interdite de la princesse de la derniere dynastie en Chine. Des flots de tourists bien sur mais pas d’ame. Il est tres difficile de se representer l’atmosphere du lieu! Nous sommes tous les 4 un peu decus. On s’attend certes a aussi grand en superficie mais plus en emotion! Et l’immense portrait de Mao a l’entrée n ameliore pas le sentiment!
S’il est un quartier des plus originaux a ne pas manquer c est le 7 9 8. Le quartier des artistes ou des centaines de galleries se suivent et ne se ressemblent pas. L’art contemporain vu sous un autre angle!
Enfin le clou de notre sejour a Beijing est bien sur la visite de la grande muraille. Je prefere l’adjectif anglais qui la qualifie de great et non de big. Elle est effectivement tres great en plus d etre big.
Toujours avec nos 2 fanfarons JN et Titi, nous passons la journée sur les murs! Tous les morceaux ne sont pas aussi bien conservés ou restaurés mais l’impression qui s’en dégage émouvrait le plus insensible des touristes. Surplombant les montagnes alentours, elle ondule le long des crêtes et ne laisse passer personne. L’organisation de l’édifice est pensée de telle sorte que l’autre coté est effectivement impenetrable ! le génie des architectes de l’époque ! Un guide aurait été appreciable car nous finissions la journee avec de nombreuses questions.
Pour clôturer notre séjour a Beijing qui tombe en même temps que la fin de mission de JN qui rentre en France nous dinons dans un restau japonais a volonté pour la modique somme de 18 E. Nous goûtons a des mets dont notre palais ne pouvait imaginer la douceur. 17 personnes (amis de JN) attablées autour du chef qui cuisine devant nous. Délicieuse soirée.
Nous passerons outre les details relatifs a l’achat du billet de transmongolien (cf plus haut ou comment etre perdues dans une gare quand on ne lit pas le chinois et que personne ne parle anglais!).
Le train est tres confortable. Nous sommes dans un wagon avec une jeune femme d’affaire qui rentre a UB (prononcez « you bi » comme les mongols). Nous sympathisons avec une fillette du wagon d’a cote. Les lits superoses disposent chacun d’un ecran pour regarder les films (en russe). Les 30h de train et quelques 1900 km passent rapidement en compagnie de nos 2 amies ! Nous decouvrons peu a peu les paysages du Gobi (qu signifie desert en mongol). A nous les steppes !