L attente a Baku...

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Azerbaijan - baku
de Pauline, le 24-09-2008

L attente a Baku...

Prendre le ticket de train pour Baku nous prit plus d une heure... de fait, les tickets etaient ecrits a la main. Ils comportaient bien evidement nos noms en cyrillique mais aussi les numeros de wagons, de couchette etc... ce qui rend la tache bien compliquee a l employee, pliee en deux sur son comptoir, une file de personnes vindicatrices derriere la vitre du guichet.Avant d avoir trouve ce fameux guichet, nous nous etions perdues au premier etage de la gare ou on y vend que des bijoux: ca piaille dans tous les sens sous les lustres des annees cinquante...

Apres avoir fait nos adieux a l adorable famille qui nous a herbegees dans le salon pendant six jours, nous nous dirigeons le coeur serre vers le train et notre prochaine destination!Deux maratres nous acceuillent a l entrée du wagon... pas un sourire de leur part... c est la qu on apprend qu on passera la nuit dans trois compartiments differents... vus les autres passagers qui embarquent (et leurs bagages remplis de bieres), je n ai aucune envie de passer la nuit avec eux... Grace a notre diplomatie legendaire, nous parvenons finalement a obtenir ce que nous desirons et a dormir a trois dans un compartiment de quatre! Je suis toute exitee a l idée de voyager en train-couchette... les russes ont laisse des traces de leur organisation: Samovar a une extrimite du wagon avec de l eau brulante, toilette infecte de l autre cote du wagon (fermee quand on est a quai), deux maratres par wagon...Nous passons la frontiere Georgienne-Azerie sans encombre. Un homme a l'haleine alcoolise nous importune et demande de traduire ses propos vaseux a une charmante ukrenienne qui, avec notre complicite, l enverra gentillement dinguer! Nous nous endormons au son du tchou-tchou du train quand soudain un homme qui travaille dans le train nous reveille sauvagement. Nous realisons qu'il desire que nous payions pour des draps et des couvertures dont nous ne voulons pas. Nous finissons par nous enfoncer dans nos sacs de couchage malgre la chaleur pour qu il comprenne que nous n en n avons nullement besoin. Grace a la finesse de Julie et Camille (bouillant interieurement, je n aurais pas ete autant diplomate que mes comparses!) et les maratres qui prenaient notre defense, il nous a laisse terminer notre nuit...

En regardant par la fenetre le lendemain: du desert strie de poteaux electriques, de pipes lines et de pompes a petrole... et ce pendant des kilometres! Finalement, nous arrivons a Baku. Un taxi nous depose a l'ambassade du Kazakstan qui a demenage entre temps... il doit ete tres difficle de faire un guide de voyage dans cette regions car tout est en changement constant... c est dailleurs bien la premiere fois que nous pensons que le Lonely Planet-"The book", comme le denomment les voyageurs- fait defaut.
La nouvelle ambassade est dans le quartier residentiel. Nous n'aurons nos visas que quatre jours plus tard... Nous avons rdv avec notre couchsurfer canadien a la station de metro Elmar Akaydemisi. Il s averera que le metro de style sovietique mais tres efficace grace a son systeme de carte de recharge deviendra notre moyen de locomotion privilegie dans cette ville tentaculaire de trois millions d habitants.

Nous avons sans doute l air perdu, completement vaseuses et bien evidement touristes, car une voiture s arrête pour nous aider. C'est la que ce cher Emile entre en jeu! Emile est un jeune homme de 21 ans qui revient de deux ans d etudes aux USA et qui prend du bon temps avant de recommencer des etudes a Baku. Son chauffeur nous depose a l endroit convenu! Nous aurons encore l occasion de rencontrer notre ange gardien de Baku pour une promenade le long du port et boire un the. Kent, notre sconde couchsurfeur du voyage, arrive tout sourire! Blond, mince, plein de projets en tete, il habite un spacieux appartement et nous propose d occuper son salon. Deux ukreniens le partageront avec nous pendant deux nuits...Les lieux etant dans un etat de proprete lamentable, Julie d abord et nous ensuite, astiquons la cuisine et la salle de bain.Baku n est pas une ville aussi insipide que nous l avions imagine; c est tres anime meme de nuit, le niveau de vie semble assez aise, les femmes abordent des tenues osees(jupes tres tres courtes dans un pays musulman) et colorees, ca construit beaucoup de nouveaux batiments et les sites historiques sont en bon etat de conservation... tout ca, en tres grande partie grace au petrole!Nous profiterons de notre sejour pour rencontrer les collegues belges de mon frere -Frederic- qui travaillent pour sur un chantier a Baku. Mathias et Nicolas nous convient a un restaurant puis au bar avec d autres collegues belges et turcs. A travers leurs conversations, nous decouvrons la vie d expatrie!

Le dimanche, nous serons invitees a prendre place dans la voiture climatisee de Nicolas et Mathias pour une excursion a la piscine en plein air le long de la mer noire! Journee repos; on nage, on fait des jeux de ballons, on joue aux echecs et on essaye de mettre un pieds dans la mer noire (ou se deversent des milliers litres de petrole quotidienement )...le tout sous un soleil de plomb. Le soir, nous decouvrons le resultat avec horeur! Julie et moi sommes rougissimes... et Camille se fait une joie de nous enduire de biafine que Julie avec intelligement glisse dans son sac. Deux jours plus tard, ils nous emmeneront visiter un champ de petrole: des pompes fonctionnent 24h sur 24h pour extraire le precieux liquide qui est achemine vers une pipe line. Certains tuyeaux ont des fuites et repandent des flaques bleutees, des lacs en fait... les dechets se deversent dans la mer Caspienne... et des enfants jouent 100 metres plus loin. Une fois qu une pompe est seche, ont forre plus profondement dans le sol.

La ville comporte une centre historique qui est entoure des murailes. Nous visitons un ancien palais,un caravanserail, nous voyons d anciennes thermes et montons au haut de la "Maiden tour" d ou on a une vue sur toute la ville.

Apres avoir recupere nos visas, nous commencons le marathon pour obtenir nos tickets de bateau. Nous voulons traverser la mer Caspienne et arriver a Aktau au Khazakstan. Cela s avere bien plus complique qu on ne s imaginait.
Au plus on arrive pres du but, c est a dire la marina (Parom en russe), au plus les informations deviennent floues. C est completement irrealiste!Il faut dire que le Parom se trouve de l autre cote de la ville, au fond d une ruelle. Une file de camions et de voitures attend deseperement le depart du ferry. Il s avere que chaque jour un bateau part pour le Turkmenistan et s il y a assez de monde pour remplir le bateau vers Aktau, la destination du bateau changera au dernier moment. Il est donc impossible de prevoir quand le bateau partira meme en s adressant aux plus hautes instances du port ni de faire une reservation. Des anglais attendent depuis 8 jours... tous les matins, ils viennent aux renseignements et on leur dit de revenir le soir... puis le bateau ne part pas. Kerr et Tom font partie d'un rallye de voitures qui roulent jusqu a Oulan Bator. Les vehicules resteront en Mongolie et iront a une oeuvre.
Le lendemain, nous rencontrerons le reste du convoi qui nous feront une sympathique compagnie pour le reste de la traversee.Cela fait cinq jours que nous sommes a Baku. Nous avons fait nos adieux a Kent et nous esperons partir le soir meme puisque la capitainerie nous a dit de revenir vers 18h. L apres midi, nous faisons connaissance avec les camioneurs turcs qui transportent frd futs vide de petrole. Ils partagent avec nous leur the et nous leur faisons quelques tours de magie.
Le soir, nous voyons arriver un convoi d une cinquantaine de motards qui font partie d'un rallye qui promeut les jeux Olympiques d Athenes et de Pekin (point de depart et d arrivee du rallye puis retour par la Mongolie! jusqu en Russie) et l huile d olive grecque. Un camion les suit avec leur ravitaillement. La majorite des motards sont grecs mais il y a aussi des allemands, des espagnols etc... il n y a que trois filles qui participent. Ils roulent plus de 8 heures par jour, c est de la folie! Un des leurs s est tue sur la route... Ils ont obtenu leurs visas aupres de l ambassade turkmene en qq heures et partent le soir meme quand d'autres attendent des jours.

Nous telephonons a Kent, toutes penaudes, pour savoir si on peut revenir et rester une nuit de plus. Il a des invitees et nous ne voulons pas interrompre sa soiree, c est pourquoi nous decidons d attendre en bas de son immeuble 1h30. Les gens nous observent, certains s arretent pour nous parler (un jeune homme qui a examen d anglais le lendemain en profite pour pratiquer son anglais avec nous) et un monsieur nous offre une glace (il a habite en Suede!!!!).

Apres une derniere nuit chez Kent, nous repartons une nouvelle fois vers le port, bien decidees a monter sur un ferry!Le bateau arrive vers 15 heures... nous courrons a la billeterie ou nous pretendons etre dans la voiture de Kerr et Tom. La billeterie est une petite piece ou reigne une maratre toute puissante! Nous sommes aussitot rejoints par les 17 anglais. Apres une lutte a coups de vocabulaire russe (aidees de notre dictionaire en main ), on nous dit dans un premier temps que seuls les vehicules seront autorises a monter en priorite. On se voit deja attendre ici 1 semaine de plus jusqu au prochain parom.
On apprend enfin apres des heures d attente que tous les touristes monteront a bord! Le passage de douanes prendra 3 heures. De fait, les douaniers sont particulierement lents et inefficaces: il tappent d un doigt sur l'ordinateur, lisent les passeports a l envers, l un dort tandis que l autre se cure le nez et que le dernier fait des blagues ou nous demande d ou on vient, une veritable caricature d eux meme!Nous traversons la passerelle qui nous relie au navire. Les wagons de marchandises sont deja bord, les voitures du Charity rallye nous suivent.

C est alors que nous decouvrons nos cabines et les toilettes du bord! Les matelas sont souilles, une centaine de moustiques git sur le bord de la fenetre. Nous decidons de dormir sur le pont ou nous trainons les matelas le long des escaliers en essayant de ne pas se faire voir des matelos. Le bateau qui est sense appareiller le soir ne partira que le lendemain matin... la nuit se passe sous les etoiles et les feux de la ville dans l attente du depart. Les autres passagers sont kazaks et azeris. Ils restent terres dans leurs cabines.
Heureusement, qu il ya les anglais et un Monsieur Tcheque qui habite en Tasmanie. J aurai de longues conversation avec ce monsieur qui a habite sur un bateau.Nous passons la journee du jeudi sur le pont a courir derriere l ombre en changeant nos matelas de place. Le soleil tappe. On ne voit rien a l horizon sauf des plateformes d extraction de petrole. Le coucher de soleil est superbe... nous mangeons ce qui nous reste de pain et la derniere boite de sardines... tout le monde a faim sur ce bateau. Il ya une cantine mais les plats sont chers. On n avait evidemment pas prevu qu'on resterait aussi longtemps dans ce bateau.

Nous decidons de dormir dans la cabine. Olie, un anglais, nous y rejoint et heureusement car certains locaux tappent sur notre cabine dans l espoir d y voir les trois filles. Ils auront la surprise de voir d abord moi puis Camille puis enfin un gars (Olie) les devisager avec rage... on ne nous embetera plus de toute la nuit...

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