En désespoir de cause et apres des jours de recherches de bateau pour l’Australies, nous prenons l’avion Denpasar (Bali)- Darwin (Australie). A l’aéroport, ce sont principalement des australiens bronzes avec un surf pour tout bagage. On se heurte a un problème administratif : ils ne trouvent pas le numéro de passeport de Camille dans leur fichier. Pour finir, Camille se plante elle-même devant l’ordinateur et continue les recherches pendant plus d’une heure avant de finalement se voir accorder le droit de monter dans l’avion.
Les hôtesses ont un ensemble orange assorti au logo de la compagnie aérienne Jetstar et sont plutôt du genre décontractées. Nous atterrissons a Darwin a 3 heures du matin. Les douaniers nous posent des questions pointilleuses sur le but de notre séjour en Australie puis nous demandent si nous transportons de la nourriture. Vraiment consciencieux. Nous nous accoudons a une table histoire de passer le temps jusqu'à 7h en jouant au yatzee. Ensuite, on se commande un délicieux chocolat chaud, ça faisait longtemps ! La navette pointe son nez vers 7h00 et elle nous emmène dans le centre ville. Nous estimons ne pas avoir le temps de la visiter et préférons descendre tout droit vers le centre du pays. De toute façon, il pleut… Nous faisons triste figure endormies devant le monument au morts en attendant le bus. Les coureurs matinaux tentent un bonjour. Avant de commencer le voyage qui durera la journée puis la nuit, nous renouons contact avec les grandes surfaces et nous repérons rapidement les produits les moins coûteux (emballage blanc). Nous ne sommes plus habituées a une telle diversité de produits!
Le bus de la compagnie Greyhound démarre vers 11 heures pour parcourir les 1.500 kilomètres jusqu'à Alice Springs. Le chauffeur, un petit homme grisonnant avec de l’embonpoint, nous explique au micro les conditions de la compagnie. Nous ferons halte toutes les trois heures et nous aurons un autre chauffeur pour la nuit. Ce petit homme aime décidément beaucoup parler au micro et il en vient a raconter trois fois la même chose. Le bus est énorme, le gros pare-chocs parerait le choc d’un éventuel kangourou. Heureusement, nous n’en n’écraserons pas, nous choperons par contre un nombre incroyable de moustiques et de mouchettes. Il existe des organisations qui s’occupent des bébés kangourous dans la poche de leur maman au moment de l’accident. Il y a moyen de faire du baby-sitting de kangourou et de travailler a mi-temps car c’est considéré comme un job a part entière.
Le paysage et composé d’immenses espaces de plus en plus désertiques et le ciel est chargé de nuages noirs. Les éclairs fusent et la pluie se déchaîne. On nous avait prévenues, c‘est la période des cyclones et c’est pour cette raison qu’il n’y avait pas de bateaux naviguant du sud au nord depuis l’Indonesies. On apprend aussi qu’une embarcation indonésienne a coule, ce qui nous conforte dans le choix que nous avons fait de prendre l’avion.
A bord du Greyhound, il y a des australiens, des touristes dont une italienne et une famille d’aborigènes avec une nombreuse marmaille. C’est la première fois que nous serons confrontés aux conditions de vie choquantes des aborigènes au sein du continent australien. On nous avait dit que les aborigènes sont considérés comme des citoyens de seconde classe campés surtout dans des réserves au nord–ouest de l’Australie, un endroit désertique. Tout ce dont nous serons témoin au cours de notre séjour nous écœurera et nous laissera un souvenir amer. Dans les bus, un vieil homme dort et il a apparemment abusé la consommation d’alcool. Il se met en colère quand le chauffeur vient d’un façon désagréable et hautaine demander aux enfants de ne pas aller seuls aux toilettes du bus. Une femme crie qu’elle a payé sa place et exige de voir un film. Les enfants, contrairement au adultes dont les femmes sont souvent du surpoids a cause de la mal-bouffe, sont très mignons avec leurs yeux noisettes et leurs cheveux blonds.
Durant le trajet, nous faisons des pauses dans des établissements qui me font sacrément penser a aux bars de Crocodile Dundee. On y vend de la bière, de la viande de crocodile, de kangourou et des « pies », quiches locales. Il n’y a pas grand monde a part quelques routiers. Dans une petite ville, quelques aborigènes errent en groupe et discutent. Ils sont souvent pieds nus.
Après deux nuits sans sommeil, nous débarquons a Alice Springs, une bourgade de 26.000 habitants perdue au centre de l’Australie, en plein milieu du désert de sable orange et rouge. La camionnette de Toddy’s, une auberge de « backpackers » vient chercher les touristes. Ca tombe bien, nous sommes crevées. On nous alloue un lit dans un dortoir de filles a 20 dollars la nuit, 12 euros. Les prix ont bien montés depuis l’Indonésie ou nous marchandions la chambre pour 3 euros ! Ici, le montant comprend également du thé et du café a volonté, l’accès a une cuisine équipée, les douches chaudes, des toilettes propres, des draps propres et comble du luxe, deux petites piscines !!! Comme il fait une température aux alentours de 40 degrés, nous plongeons dedans avec un plaisir non dissimulé ! Ensuite, histoire d’être efficaces, nous allons a la recherche d’information sur Uluru (l’immense rocher orange que vous avez sûrement tous déjà vu en photo). Il se trouve que c’est moins coûteux de faire partie d’un tour organisé de trois jours que d’y aller par ses propres moyens. Nous explosons quand même notre budget de 20 euros maximum par jour. Le départ a lieu dans deux jours et nous décidons d’aller explorer la région à pieds.
Encore crevées des deux nuits précédentes sans sommeil, nous nous réveillons plus tard que prévu malgré le boucan de nos voisines chinoise et américaine… Les australiens sont des randonneurs avertis et sont très a cheval sur la sécurité. Ils exigent que tous les marcheurs s’inscrivent avant de commencer un sentier de randonnée ; il faut également signer une fois la marche terminée sinon une équipe de secours part a la recherche du promeneur. Si le distrait a oublié de se désinscrire, il pourra payer les frais d’hélico etc…
Bref, l’équipe du centre d’information est alarmée de nous voir partir vers midi pour une promenade de 7 heures. Nous les rassurons et changeons nos plans en décidant de s’arrêter plus tôt que prévu. De toute façon, après une heure de marche sous le soleil de plomb, nous décidons de faire une halte à l’ombre des eucalyptus.
L’Australie est le pays de l’eucalyptus car il a des racines très profondes qui lui permettent de trouver le moindre filon d’eau. Des perroquets rouges et verts se posent non loin de nous. Nous verrons beaucoup d’oiseaux fabuleux au cours de notre séjour dans ce pays du bout du monde. Effectivement, nombreux sont les animaux et les végétaux qui ne vivent qu’en Australie qui, selon le Lonely Planet, a été isolée des autres continents pendant au moins 45 millions d’années. C’est pourquoi les plantes et les animaux ont évolué différemment. Il y a bien sur le kangourou mais aussi le koala (qui se nourrit de feuilles d’eucalyptus), le wombat, l’opossum et le walabi (également des marsupiaux), le diable de Tasmanie, l’ornithorynque, l’émeu (qui ressemble a une autruche), l’echidna (qui ressemble a nos hérissons en plus gros)…tous des animaux qui ne vivent que sur le sol australien. Beaucoup d’autres animaux ont été importés tel que le lapin, le chien et même le chameau (importé avec ses propriétaires afghans pour transporter des produits miniers et construire le chemin de fer).
Nous repartons après avoir fait le plein d’eau près de l’ancien poste télégraphique. Nous nous perdons rapidement et nous décidons de suivre la rivière à moitié asséchée et de camper plus loin pour revenir le lendemain. Et c’est la que nous voyons nos premiers kangourous ! Camille les aperçoit à l’ombre des arbres. Ils ne sont pas farouches et se tiennent sur leurs deux pattes arrières ; Ils on des grandes oreilles et se déplacent par bonds a notre arrivée. C’est seulement a ce moment la que je réalise que je suis en Australie, très loin de ma Belgique ! waw ! Toujours selon le Lonely, le kangourou et les marsupiaux en général ont une dépense énergétique moins élevée que les mammifères et ont besoin de se nourrir cinq fois moins (ce qui est adapté aux régions désertiques).
Finalement, nous plantons notre tente pas trop près de la rivière car les animaux viennent s’y abreuver la nuit et nous avons vu des traces ressemblant a des pattes de chats de huit centimètres de diamètres, ce qui n’est pas pour nous rassurer. Il faut savoir que dans le désert australien, des mouches volent en permanence sur le visage. Heureusement, on a été prévoyantes et l’achat d’un filet anti-mouches se révèle très utile ! On voit le monde à travers un grillage kaki et il est difficile de manger mais on s’en accommode. Les mouches disparaissent une fois la nuit tombée et réapparaissent dés le lever du jour. Nous nous faufilons dans notre tente et nous retrouvons les joies du camping après deux mois dans de petits hôtels et de dortoirs asiatiques plus ou moins miteux, Il fait noir et nous entendons fureter autour de la tente. Moi qui rassurait Camille deux minutes avant, je saute presque dans ses bras de peur. La bête rode curieusement et nous verrons des nombreuses traces autour de la tente le lendemain matin.
Nous retournons à Alice Springs dans la matinée mais nous changeons de backpackers et choisissons un lieu plus sympa et familial. C’est là que nous rencontrons Anne-Sophie, française et architecte licenciée à cause de la crise. Elle en profite pour rendre visite à sa cousine qui vit Sydney et faire un tour d’un mois en Australie. Son humour et sa conversation à bâtons rompus nous séduisent. Il s’avère qu’elle s’est aussi inscrite au tour organisé pour Uluru.
Nous allons faire des courses en ville. Tous les indigènes errent dans les rues sans but ou essayent de vendre des peintures d’un air las et sans grande conviction. Les magasins de souvenirs sont tenus par des australiens blancs et ne contiennent que des souvenirs aborigènes. Le fossé entre australiens blancs et indigènes est tellement énorme. Il n’y a aucun dialogue. Apparemment, les aborigènes reçoivent des indemnités du gouvernement, il n’est donc pas nécessaire de travailler et souvent l’argent est utilise pour la consommation d’alcool. Les enfants aborigènes qui ne vont pas à l’école sont nombreux. Le respect de la culture et l’intégration des aborigènes en Australie et des Maoris en Nouvelle-Zélande a été traitée de manière tout à fait différente dans chacun des pays, opprimés dans l’un et mis en valeur dans l’autre.
Nous embarquons pour le Rock Tour jusqu'à Uluru a bord d’un mini bus d’une vingtaine de sièges. Haley est une jeune femme dynamique et souriante. C’est aussi notre guide pour les trois journées à venir. Nous nous présentons chacun à notre tour au micro. Il y a les français (dont l’anglais n’est pas toujours très brillant), les canadiens (dont un vieillard lubrique), une néo-zélandaise qui travaille comme ingénieur sur les chantiers et son copain chilien, une norvégienne qui conduit des camions, des allemandes plus jeunes, une anglaise aux nombreuses taches de rousseurs, une taiwanaise qui a travaillé en Australie, … bref un chouette groupe. Le premier jour, nous roulons 5 heures avant d’arriver au King’s Canyon, une gorge dans la roche orange que nous escaladons pour voir la faille d’en haut. Nous redescendons ensuite dans le cayon même qui abrite une rivière et une végétation luxuriante (palmiers etc…) qui porte bien le nom de « jardin d’Eden ». Nous nous baignons dans une piscine naturelle. C’est splendide !
Le soir, nous dormons a la belle étoile après un repas cuisiné a même le feu. La mission toilette se fait dans les buissons a l’aide d’une pelle.
Le lendemain, le réveil est programmé à 4 heures pour aller visiter les Olgas, des rochers ronds dont le plus haut fait 546 mètres. On dirait des immenses têtes qui émergent du sol. La vallée des vents est une passe entre la roche ou s’engouffrent des vents puissants. Ce lieu est impressionnant ! Haley nous raconte des légendes aborigènes et nous explique que c‘est ici que les jeunes hommes participaient a des rites initiatiques. Certains rochers ont des formes de visages, d’autres d’éléphants.
L’après-midi, nous sommes invités a visiter le centre culturel aborigène près du site d’Uluru. Nous en sortons déçues et avec un sentiment de n’avoir rien appris sur la culture en question, comme si elle était vide. Certains textes, soie disant écrits par des aborigènes, implorent les touristes de ne pas gravir le rocher sacré d’Uluru…. Ça se résume à ça. C’est nul et Camille écrit sa façon de penser dans la boite a suggestion. Heureusement que nous visiterons un superbe musée hyper complet sur la question à Adélaïde, mes aspirations anthropologiques y seront comblées!
Le, soir, nous mangeons devant le coucher de soleil sur Uluru : la pierre prend toutes les tontes imaginables. Après un coucher sous les étoiles, nous nous levons vers 5 heures pour voir le lever du soleil su Uluru ! La lumière est belle et nous faisons tous des magnifiques photos (vous ne verrez jamais les miennes car toutes les photos de l’Australie seront perdues en même temps que mon appareil photo a Melbourne, snif ! pourtant je m’étais donnée à fond!). C’est aujourd’hui que vient l’apothéose puisque nous allons enfin faire le tour de ce lieu sacré ! Uluru a 3,6 km de long et 348 mètres de haut. Seulement, les deux tiers du rocher se trouvent sous le sable ! En fait, c’est très très long de faire le tour de ce caillou !
On dit adieux à nos compagnons de voyage après cinq heures de route. Haley nous dépose devant le Casino où nous avons rendez-vous avec un couch-surfer qui répond au nom de Dave. Il est 18 heures et le Casino est plein a craquer ! Il paraît que les australiens aiment bien le jeu. Dave vient nous chercher en voiture. Nos deux gros sacs manquent d’écraser sa guitare dans le coffre. Il habite Melbourne mais est venu travailler a Alice Springs parce qu’on y gagne mieux sa vie. Il travaille dans la construction (dehors en permanence par une chaleur de 40 degrés !) sur un projet d’habitat pour les aborigènes et il fait du triathlon dans son temps libre. Il nous met vite l’aise dans son deux pièces et la conversation va bon train. Plus tard, il nous rejoindra pour faire la fête avec les autres jeunes du Rock Tour. Nous nous endormons sous un édredon moelleux, merci Dave !
Le lendemain, il nous dépose à l’agence de location des voitures Britz. Nous y signons un contrat de « relocation car », c’est à dire que nous ramenons un camping-car dans son agence initiale d’Adélaïde. Il nous faut seulement payer une partie infime de l’essence. Nous partageons cette trouvaille avec Anne-Sophie et Birte (allemande) car il possible de dormir a quatre dans le véhicule ! Il y a également un frigo, la radio et une cuisinière ! Seules Camille et moi-même sommes autorisées a conduire pour des questions d’assurance. Nous arriverons à destination après-demain après 1500 kilomètres de route dans le désert rouge et brûlant de l’Australie centrale ! Cette escapade nous rappelle des bons souvenirs de notre voyage en camionnette en 2006 avec Hathi et Fred.
Les filles nous attendent au supermarché où elles ont été faire le plein de victuailles. Avant de partir a l’aventure, nous nous exerçons à rouler gauche dans le parking. Le fait que la voiture soit automatique, nous évitera de devoir passer les vitesses de la main gauche ; déjà qu’on se trompe pour le clignoteur ! Les espaces dans le désert sont immenses et il n’y presque personne sur les routes. Nous ne risquons donc pas d’être un danger public. La seule chose que nous redoutons vraiment et dont on nous a mises en garde, ce sont les wallabies, ces mignons petits marsupiaux semblables aux kangourous qui émergent sur les routes a l’aube et a la tombée de la nuit. A part le fait que nous ne désirons pas en tuer, le choc peut causer des dégâts qui coûtent très cher. C’est pourquoi, nous nous imposons de ne pas rouler avant 7 heures du matin et après 7 heures du soir.
Les paysages qui pourraient sembler monotones ne le sont étonnement pas car les couleurs du sable changent constamment. Le désert est parsemé de petits buissons verts pâles et de temps en temps un lac asséché par la chaleur et où il ne reste que le sel fait son apparition. Il y également des petites tornades de sable qui forment des colonnes à l’horizon.
Nous dormons sur le bord de la route dans des espaces réservés principalement aux camions à plusieurs remorques qui traversent en trombe l’Australie du nord au sud. A par quelques voitures, nous croisons aussi un russe qui fait le trajet en vélo en plein été ! Il y a des fous quand même !
Nous arrivons a Coober Pedy, une ville de chercheurs d’opales de style très Far West ! Il y fait brûlant… A l’entrée de la ville, l’avertissement suivant nous incite à être prudents: « Faites attention de ne pas tomber dans les trous ! » Depuis 1915, les chercheurs de pierre en ont creusé partout. L’opale est une pierre aux couleurs bleue-blanche-turquoise. Il y a des habitants de plus de 40 nationalités à Coober Pedy. Nombreux sont ceux qui travaillent à mi-temps et s’occupent de leur concession minière le reste du temps (plus ou moins 4000 dollars australien par mois). Les pierres sont ensuite vendues aux chinois qui, une fois travaillées, les revendent dix-sept fois plus cher ! A cause de la chaleur la journée (plus de 50 degrés) et du froid de canard la nuit, les habitants ont creusé des abris à même la roche en dessous du niveau du sol. Nous visitons une église serbe orthodoxe entièrement sous terre, un café et le musée où il y a de nombreuses photos du début du siècle.
Nous découvrons aussi un véhicule de l’espace insolite et à l’apparence grotesque sur le bord de la route. C’est un décor d’un vaisseau spatial du film Mad Max à l’abandon !
Le dernier jour de route, nous arrivons à Adélaide en début d’après-midi. Nous déposons les filles à un backpacker hotel et après avoir rendu la voiture à l’agence, nos prenons contact avec les couchsurfeuses, Claire et sa compagne Jasmine. Nous avons rendez-vous chez elles dans un quartier résidentiel un peu en dehors du centre. Toutes les maisons y sont de plein- pieds et comme presque partout en Australie, il y a de l’espace ! Nous entrons par un petit jardinet et sommes accueillies par deux filles loquaces et gaillardes. Elles se préparent pour aller faire leur sport de la semaine, du Roller Derbee ! C’est un sport en équipe et sur patins a roulettes que je trouve personnellement assez violent. Une fille de l’équipe A doit essayer de faire un tour de la piste ovale. Les adversaires de l’équipe B essayent de l’en empêcher et les A doivent bloquer les B pour aider leur coéquipière à passer. Tous les coups sont permis et les filles reviennent avec toutes sortes de bleus. Heureusement, elles portent un casque et des genouillères et elles ont l’air de bien s’amuser !
Avant de partir, Jasmine et Claire nous présentent à Basile, le gros chat noir, et nous montrent notre chambre avec un grand canapé comme lit et des instruments de musique dans le coin, la salle de bain avec un bain ; la cuisine remplie de victuailles bio ; les WC à l’extérieur (avec un déco de plus funs) et le jardin où pousse une vigne, des pommes et des arbrisseaux. Elles nous encouragent à nous servir des raisins… il ne faudra pas nous le répéter deux fois !
Le soir, nous allons fêter mon anniversaire avec Anne-Sophie et Birte ! Eh oui, nous sommes le 19 janvier ! ça m’a fait trop plaisir de lire tous les messages de mes amis et ma famille dans ma boite mail ainsi que d’appeler chez mes parents ! Nous nous décidons pour un restaurant italien tenu par un vietnamien. Camille met le patron au courant et celui-ci nous offre une bonne bouteille de champagne. Nous n’en revenons pas, c’est vraiment très gentil. Nous prenons du poisson et Camille, qui ne boit jamais, accepte gentiment un verre pour l’occasion. Je reçois un bracelet aborigène que j’adore de Camille et un émeu en peluche d’Anne-So ! Nous revenons assez joyeuses à Toronto Street et en chantant quelques chansons paillardes!
Nous rêvons de nous jeter dans nos plumes pour faire un petit somme mais c’est là que nous découvrons que Jasmine est très bavarde et est capable de parler des heures durant sans interruption…Nous en apprenons un peu plus sur nos hôtesses. L’une est d’origine écossaise et l’autre irlandaise. Leur propriétaire est grecque, je l’ai entendue parler derrière le mur. L’Australie est le pays de l’immigration par excellence, encore aujourd’hui ! Depuis la fin du 18eme siècle avec l’arrivée des convicts jusqu’à aujourd’hui, la richesse du pays s’est basée sur la force et les ressources des immigrants : d’abord des citoyens Britanniques et anglo-saxons, italiens et grecs après la guerre et récemment chinois, indiens… Un quart de la population est né l’étranger et 40 pour cent des australiens sont d’origine culturelle mixte. La multi culturalité et la tolérance envers les différences culturelles est une caractéristique de l’Australie. Par exemple, dans la crèche où Claire travaille et que nous avons été visiter, les puéricultrices apprennent à dire bonjour dans la langue maternelle de l’enfant.
Il n’y a pas de bus pour Melbourne avant samedi 23 janvier au matin… Claire et Jasmine nous accueillerons gentiment pendant 5 nuits. Comme elles travaillent la journée, nous ne les voyons que le soir et nous en profitons pour visiter les alentours. Adélaïde est une ville charmante et verte d’1.500.000 habitants. Nous visitons le centre piétonnier, le marché couvert tres anime, où il y a une abondante de bonnes choses, la galerie d’art ( avec un beau Rodin et des peintures d’artistes australiens au 19eme) et le musée d’Australie du sud avec une collection extraordinaire sur l’art et la culture aborigène ponctué d’explications claires et didactiques. Je suis impressionnée par les techniques de chasse des aborigènes (notamment avec le boomerang et le propulseur), la diversité des langues et des cultures aborigènes, la complexité des rituels, leur rapport avec les éléments et la nature…
Il y a moyen de louer gratuitement des vélos pour la journée. C’est un chouette moyen de locomotion pour visiter et nous en profitons pour longer la rivière et ses eucalyptus pour arriver jusqu’à l’Océan ! L’air est vivifiant. Personne ne se baigne car il fait trop froid et on a parlé d’attaques de requins à répétition près de Melbourne récemment. Sur la route, nous avons vu des perroquets de toutes les couleurs et des pélicans ! Nous avons aussi escaladé le mont Lofty pendant une journée avec Jasmine… elle parlait sans arrêt même quand elle est a bout de souffle… la vue d’en haut était imprenable !
C’est avec étonnement que nous constaterons de l’honnête des australiens : une bague a été perdue dans une toilette publique et un passant met une annonce comme quoi il l’a trouvée avec son numéro de téléphone au cas où le propriétaire reviendrait la chercher dans les lieux. Je doute qu’il se passerait la même chose en Belgique ou en France.
Il y a un bar a sushi que nous affectionnons particulièrement et nous scandons avec force le slogan : « un sushi sinon rien ! » ! Un des soirs, nous cuisinons un dîner aux filles et un gateau en dessert et nous finissons la soirée en chantant avec la guitare. Une autre soirée, elles nous emmènent en camionnette prendre un diner éthiopien à emporter. Il faut savoir que Jasmine et Claire ont des nombreux véhicules gares dans leur jardin : une mobylette et une moto, une voiture des années ’70 et leur encombrante ambulance changée en min-bus vacancier ! Nous mangeons les galettes éthiopiennes à l’arrière du véhicule tandis que nous faisons la file pour remplir nos bonbonnes d’eau de source claire qu’une source amenagee distribue gratuitement… une heure et demie de file pour 40 litres d’eau, soit disant parce que l’eau du robinet est mauvaise. Ils sont fous ces australiens ! La dernière soirée, nous allons pic-niquer devant la projection du film Babe sur un écran en plein air. Nous avons beaucoup apprécié notre séjour à Adélaïde et l’accueil de Claire et Jasmine !!!
Départ le samedi 24 janvier pour Melbourne en bus. Nous arrivons apres une journée à travers des paysages désertiques et des arrêts dans des villes isolées. Nous avions totalement perdu de vue que c’est l’Open d’Australie et tous les backpakers hôtels sont complets. Nous faisons nos doux yeux à un réceptionniste du plus grand Youth Hostel et il nous parque dans deux dortoirs différents. Il doit y avoir plus de 500 personnes ici, c’est une véritable usine. Personne ne répond à mon bonjour dans la chambre. Certaines visionnent des films sur leurs ordinateurs portable. Il faut se battre pour trouver des casseroles et une place près du fourneau dans l’immense cuisine. Nous nous enfuyons le lendemain après une nuit agitée et bruyante. Au réveil, un gars dort à même le sol dans le dortoir des filles.
Nous avons rendez-vous avec Goran dans une ville à 25 minutes en train de Melbourne, près de la côte. Goran est d’origine serbe et il gère les équipes qui font de la cueillette de brocoli et de chou fleur dans la région. Nous désirons travailler et compenser le coût de notre séjour en Australie. Goran n’est pas au rendez vous et nous dit d’aller au camping en taxi. Une fois arrivées, nous plantons notre tente près du barbecue. Nous faisons vite la connaissance de deux jeunes français en camping-car. Le garçon travaille pour Goran. Il dit qu’il faut acheter des bottes car on a de la boue jusqu’au genou et que c’est très dur comme boulot. D’ailleurs, il n’a jamais vu de femmes travailler dans les champs à part des femmes d’un certain âge et d’une certaine trempe d’origine serbe. Il travaille 3 ou 4 jours par semaine, c’est au jour le jour. Ce dernier détail ne nous arrange pas trop. Nous avons eu Goran plusieurs fois au téléphone et rien n’est clair. Nous souhaitons travailler au maximum pendant 2 semaines. Nous décidons de retourner à Melbourne le lendemain matin. Il n’y a pas de bus le dimanche … nous faisons du stop mais les australiens ne nous prennent pas et nous marchons avec nos sacs qui font prés de 20 kilos pendant 4 km. Pour finir, une voiture fait demi-tour et nous amene jusqu’au centre de la ville ! C’est un monsieur qui travaille à l’aéroport et dont la femme vient d’accoucher. Il a eu des remords et est revenu nous chercher.
Cette fois-ci, nous trouvons de la place dans un backpackrs hotel plus petit, sympathique et plus près du centre. Nous allons enfin visiter Melbourne, cette ville cosmopolite et dynamique qui compte presque 4 millions d’habitants. La première impression n’est pas celle d’une grande ville étouffante car les rues y sont spacieuses et ombragées.
Nous sommes le 26 janvier, jour de l’ « Australia day » et nous assistons à une partie du défilé. Les citoyens australiens sont enthousiastes et affichent leurs drapeaux. Certaines filles ont des robes en drapeau et portent un chapeau du style crocodile Dundee. Sur Federation Square, le centre névralgique de la ville, l’attroupement se fait de plus en plus grand, d’abord parce qu’il y a la retransmission en direct de l’Open d’Australie en tennis puis parce qu’il ya un spectacle à l’occasion de l’Australia Day dont le thème c’est la vache/le buffle. L’Australia Day concorde avec le nouvel chinois et c‘est l’année du buffle ! Les communautés de la ville y présentent un spectacle : les grecs, les nigériens, les chinois, le indiens… La consommation d’alcool est interdite dans les lieux publics et un groupe de français qui essayait de boire discrètement en cachant leurs bouteilles dans des sacs en papier se fait chopper par les gardiens du festival et éjecter. La soirée se termine par un grand feu d’artifice ponctué de « ooh » et de aaah ! ». L’après-midi, nous étions allées visiter le musée de l’immigration, très intéressant et éclairant avec plein de documents à l’appui.
Le lendemain est un grand jour car nous avons pris des tickets pour l’Open d’Australie ! Des tickets pour les stades secondaires certes mais nous sommes surexcitées et nous portons fièrement la casquette qu’on nous donne à l’entrée. Nous voyons les doubles et les juniors. Le public se déchaîne devant un double féminin : des anglaises contre une japonaise et une lituanienne qui en veulent et qui gagnent ! Les suivantes sont les sœurs Williams qui éclatent deux frêles chinoises ! il fait 38 degrés, on crame sec !
On embarque le soir même pour la Tasmanie sur le Spirit of Tasmania. Nous avions fait la réservation par téléphone et un homme d’une gentillesse extrême nous avait répondu. Les australiens en général sont polis et simples dans leur gentillesse. Une fois sur le bateau, Le ciel s’embrase et on va se coucher.